Se bâtir une philosophie (chap.7)

Toutes les cartes sont rebattues. Mon projet d’expérimentation philosophique aussi. Mais cette crise du Covid-19 nous force à la réflexion. Plus que jamais. Prenons garde toutefois à ne pas prendre tout ce qui est dit –  notamment dans les médias (y compris les réseaux sociaux) –  pour argent comptant. Ces paroles abondantes, omniprésentes, contradictoires ajoutent encore de la peur pour une maladie dont les conséquences s’avèrent être plus graves encore que la pathologie elle-même. La France, le monde se rend compte que des maladies inconnues pouvaient encore toucher l’homme.

 « Se bâtir une philosophie face à la pandémie » pourrait être le 7ème chapitre de cet essai à épisodes. Tant de choses à dire là-dessus. On ne peut pas tout dire, tout expliquer, tout encaisser, tout digérer. Le meilleur moyen de traverser cette « tempête » sans dommage est bien de se concentrer sur des objectifs précis, limités qui sont « dans nos cordes » et nous apportent une certaine satisfaction. Du plaisir pour ainsi dire, dans la douleur de cet environnement confiné, empêché, cause de frustrations diverses. Dans l’action, pour aider, échanger, faire, créer, jouer… et dire à bon escient. Apprendre à se taire. Si cette situation peut engendrer plus de vertu aux hommes, elle ne peut qu’être bénéfique.

Beaucoup déjà pensent au « monde d’après ». Ce serait si simple de dire : « Voyez, nous avions raison de critiquer cette organisation mondialisée, cette gestion marchande de la santé, l’inhumanité d’un monde relié par des intérêts économiques mais insensible aux conditions sociales, environnementales, politiques des pays avec qui nous échangeons. Davantage préoccupé par nos propres intérêts, pourvus que NOS concitoyens bénéficient du confort maximal. » Évidemment que cela est vrai. Mais l’après sera plus compliqué. On ne change pas de société comme ça par un claquement de doigts, même si l’évidence du propos nous met au pied du mur !

Dans six mois peut-être, tout sera oublié et le monde d’avant continuera. Il se peut alors qu’on sourit et qu’on plaisante à l’ambiance de folie collective qui nous a envahis alors. Alors que cela n’en valait vraiment pas la peine. Je ne minimise pas cette crise dont certains comparent à celle de 1929. Nous sommes pourtant trop dans l’instant, l’immédiateté, l’émotion sans savoir vraiment ce que les historiens pourraient en déduire a posteriori, analyser de façon objective ce que fut cette période.

Une pandémie au 21ème siècle est-elle plus grave qu’une grippe « espagnole », du choléra ou de la peste qui ravagèrent au moyen-âge la moitié de l’Europe ? Attribuer ce Coronavirus à la mondialisation ou au capitalisme est un peu court. Il ne peut à lui seul justifier d’un changement radical, d’autant que les gens n’y sont pas prêts, même si cela leur permet de retrouver les bonnes valeurs de l’entraide, du sacrifice, du lien social. Entre toutes les « classes » sociales car toutes sont touchées.

Faut-il ce moment de « terreur » qu’il soit à ce point déclencheur d’une prise de conscience pour que les gens, gouvernants compris, se rendent compte de l’absurdité du monde que nous acceptons depuis des décennies ?

Mon propos dans cet essai était de dire que c’est bien la nature qui fait loi. Pour survivre, je me réfère qu’à elle. C’est elle qui me guide. Car elle est vérité. Elle est sens du monde. Elle est ordonnancement du monde. Les virus sont des êtres vivants comme vous et moi. Ils ont autant le droit que nous d’exister et de prospérer.

Cette pandémie, outre les prédictions alarmistes et mortifères que des prédicateurs, gourous politiques, religieux ou sectaires veulent tirer avantage, nous permet de prendre une grande respiration d’air pur, de redécouvrir le silence, d’observer la nature qui se déploie tout d’un coup sans être contraint de quoi que ce soit. Cela passera, comme d’autres pandémies sont passées. Mais d’autres catastrophes arriveront. C’est un signe, un signal que nous devons prendre en compte. Qui nous invite à plus d’humilité face à la complexité, la diversité, au mystère d’un monde que nous admirons mais que nous tuons depuis longtemps sans nous en rendre compte.

(30/04/2020)

Publié par

georgescinq

Passionné de littérature et de philosophie, j'écris de la poésie, des articles et de la prose que je voudrais faire partager. Ce blog ouvert le 26 décembre 2017 où quelques créations sont mises en ligne va s'enrichir progressivement d'autres éléments comme des photos, des liens vers d'autres sites, textes d'auteur.e.s... (en respectant la propriété intellectuelle).

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