Se bâtir une philosophie (chap. 8)

Cette situation de crise sanitaire mondiale et ses conséquences désastreuses, voire cataclysmiques se sont « invités » dans un débat personnel. Il ne pouvait en être autrement puisque cette forme de création de type « journal » est fortement dépendante de l’environnement et du temps immédiat. Et l’on peut dire que, dorénavant, toute création aura un goût de COVID.

Je voudrais dire en premier lieu que je ne suis pas responsable de cette crise. On pourrait en effet le croire quand on relie et retrace tout mon itinéraire d’écriture où j’annonce, littérairement parlant, qu’un poète est prophète, pour le meilleur et pour le pire. Mais je ne crois pas en ces superstitions stupides. Ce que je crois, en disant que la nature est tout et que nous avons pris une mauvaise route (comme le disait Jean-Jacques Rousseau), est qu’en effet nous payons les erreurs du passé. Ce qui m’ horripile est que l’homme n’est plus homme. Il est devenu objet.

L’homme n’a plus de prise sur lui-même en tant qu’individu mais non plus sur l’organisation de sa vie de citoyen libre, en relation avec les autres. Il n’y a plus de communauté humaine. Nous sommes tous dépassés par des enjeux économiques, mercantiles, ethniques, nationalistes, idéologiques. Femmes et hommes sont des animaux sociaux. La mondialisation en a fait des cerveaux vides, accaparés par les richesses, le pouvoir, la corruption, la violence.

Pour moi, la goutte d’eau qui a fait débordé le vase est la soumission à l’illusion du bonheur qu’incarnent parfaitement les nouvelles technologies, internet, les réseaux sociaux. Les menaces aujourd’hui ne sont plus les attaques nucléaires. Mais les cyber attaques. Il n’y a plus de droiture, d’honneur. Tout est sournois, impalpable. Et cela concerne non seulement les États entre eux, mais aussi les communautés et individus entre eux. Tout le monde se méfie de tout le monde.

Et cette crise du Covid n’arrange rien à l’affaire. Elle est comme si, je le répète (et je ne suis en rien un nouveau Nostradamus), un signal important nous forçait à penser, vivre autrement. Mais pour cela, il n’est pas la peine de brûler des livres ou trouver quelque bouc-émissaire bien pratique. Si le monde entier et ceux qui nous dirigent pouvaient réfléchir une seconde à tout ça et laisser tomber leurs égos, leurs chasse-gardé, leurs intérêts personnels. Ce qui compte avant-tout, c’est de sauver cette planète qui se meurt à petit feu. Mais, pour y parvenir, nous devons d’abord retrouver du lien, de la confiance en l’autre et s’affranchir des barrières qui nous empêchent d’avancer.

(3/08/2020)

Publié par

georgescinq

Passionné de littérature et de philosophie, j'écris de la poésie, des articles et de la prose que je voudrais faire partager. Ce blog ouvert le 26 décembre 2017 où quelques créations sont mises en ligne va s'enrichir progressivement d'autres éléments comme des photos, des liens vers d'autres sites, textes d'auteur.e.s... (en respectant la propriété intellectuelle).

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