Se bâtir une philosophie (chap. 10)

À vouloir jouer les philosophes, je crois que je le suis devenu. Non pas un philosophe reconnu, publié, suivi. On verra ça plus tard. Mais un philosophe dans ma manière de penser et donc de vivre. Un philosophe à l’ancienne, type Socrate. Ces textes, réflexions tirés de l’expérience et aidés par les philosophes et leurs concepts semblent pourtant intéresser.

C’est drôle comment l’écriture nous ouvre des champs, des horizons infinis de questionnements, de paradoxes, d’intuitions, de mouvements pourtant très logiques de la pensée. Un ressenti, une inspiration, une idée, des souvenirs surgissent et la réflexion se déploie presque naturellement dans l’écrit, sous réserve que l’on puisse traduire la pensée en mots. Et qu’on ait suffisamment de force et de volonté pour le faire.

La situation actuelle – la crise sanitaire du Covid 19 qui « fêtera » bientôt ses un an – ne m’a pas encouragé à écrire. Coupé dans l’élan créatif et philosophique car il n’y a rien de bon dans ce moment qui puisse nous inspirer. Rien de joyeux, ni de beau. Les sourires des gens, des passants ont disparu et filent tête basse rapidement et furtivement, affublés d’un masque qui rend un peu plus sinistre ce décor. Dans les cas des confinements, des reconfinements, des couvre-feux, tout s’arrête autour de nous. Et donc vous aussi.

Le temps se fige, suspendu. Les termes « choqué », « sidéré », « peur », « perdu », « génération sacrifiée », « réanimation », « xxx morts en 24h », etc… donnent le tournis et le « bourdon ». Voire la dépression. Chacun se débrouille comme il peut avec ce qu’il a. Les plus vulnérables trinquent qu’ils soient fragiles socialement ou moralement.

En fait, ceux qui réussissent à faire face sont dans l’action. Tous ces professionnels qui sont empêchés de travailler, étant considérés comme acteurs d’activités « non essentielles » ont beaucoup souffert. Et souffrent encore aujourd’hui. Les travailleurs des premières lignes, à part les soignants qui ont été confrontés aux difficultés de saturation des places de lits de réanimation – et confrontés à la mort – n’ont pas eu trop à gamberger, ayant « le nez dans le guidon ». Portés socialement par leur employeurs, corporations et syndicats, solidaires entre eux.

Le plus compliqué est pour la famille et les enfants. Cette crise a accentué l’interdépendance à l’intérieur des cercles familiaux, vivant dans des huis clos pesants, entraînant parfois des violences conjugales et intra familiales.

Je me rends compte de cette chance (?) d’être seul, ou en tout cas, de n’être pas en famille, avec une femme et des jeunes enfants. Je comprends que cela peut être très difficile à vivre, pour des tas de raisons (télétravail, enfants sans école auxquels il est important de poursuivre l’éducation à la maison, activités sportives, culturelles, associatives, sociales empêchées…). Par contre, comment bouger pour ne pas penser, au risque de penser mal ? S’occuper pour ne pas tomber dans des pensées tristes, pallier l’impossibilité partielle ou totale des sorties. Et, subir le flot d’informations morbides, contradictoires, polémiques des réseaux d’information.

Écrire est un mouvement de la pensée. Mais il n’est pas assez naturel, automatique comme le sport, le chant, la musique, la danse ou même les arts graphiques. L’écriture et la lecture demandent un niveau de concentration important qui n’est pas aisé dans l’ambiance de la Covid-19. Les réseaux sociaux que j’aime critiquer ont pourtant bien servi pour rompre cet isolement et ces contraintes. Beaucoup d’artistes ne pouvant pas se produire en concerts ont investis Facebook, Tweeter, Instagram pour y retrouver leur public.

Beaucoup ont été créatifs et découvert des talents cachés.

La réflexion de départ de cette série d’articles était d’abord d’essayer de mettre par écrit ce que la vie, la lecture, donnent comme richesse à la réflexion philosophique, et je dirais plutôt à une philosophie DE VIE. « Philosopher, c’est apprendre à mourir » disait Montaigne. Mais avant de mourir (et le plus tard possible !), c’est apprendre à vivre. En ces temps troublés, cela s’avère très utile.

(14/01/2021)

Publié par

georgescinq

Passionné de littérature et de philosophie, j'écris de la poésie, des articles et de la prose que je voudrais faire partager. Ce blog ouvert le 26 décembre 2017 où quelques créations sont mises en ligne va s'enrichir progressivement d'autres éléments comme des photos, des liens vers d'autres sites, textes d'auteur.e.s... (en respectant la propriété intellectuelle).

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