Se bâtir une philosophie (chap. 13)

Pouvions-nous imaginer il y a 40 ans qu’un nouveau roman de « La peste » serait réécrit ? L’homme est finalement bien peu de choses comparé aux forces et dangers de la Nature. Il peut pourtant maintenant s’acheter un voyage sur Mars mais, en même temps, être victime à grande échelle d’un nouveau virus mutant.

Verrons-nous enfin le bout du tunnel ? De cette histoire de pandémie, très anachronique ou, au contraire, très proche d’un réel annonciateur de bouleversements majeurs ? Je ne suis pas prédicateur mais je ne pouvais éluder un sujet qui est intervenu au cours d’une réflexion, ajoutant de l’eau à mon moulin philosophique.

La réflexion d’un Rousseau, cité au début de cet essai, jugeant le développement des Sciences et des Arts incompatibles avec la Vertu mais générant faiblesses de l’esprit, corruptions, avidités, jalousies et ressentiments, n’est pas dénuée de – bon – sens à l’aune de tout ce que l’on voit aujourd’hui et qui découle de ce que le philosophe du 18ème siècle dénonçait.

L’appropriation sans retenue des ressources et richesses, la propension à ne jamais se satisfaire de biens (mal)acquis, de consommation effrénée ne se justifiant d’aucune nécessité vitale, sans même se demander où ces produits sont fabriqués, par qui et avec quels matériaux ou processus, encourager les marchés de la concurrence, de l’argent, de la finance, provoquer des guerres économiques voire, pire, des guerres tout court, tout cela est un résumé de notre Histoire récente, depuis la Révolution industrielle jusqu’à la société High Tech d’aujourd’hui.

Le résultat de cette période d’insouciance coupable, d’inconscience au regard des conséquences de cette main mise sans entrave sur le vivant paraît maintenant sans possibilité de résilience : dérèglement climatique, disparition sur un mode exponentiel d’espèces animales et végétales, entrée d’une nouvelle ère, l’anthropocène, qui a de beaux jours devant elle, réapparition de maladies, apparition de nouveaux virus mutants, nouvelles famines (qu’on croyait avoir éradiquées)… Tous ces bouleversements entraînent inévitablement des désordres et déséquilibres économiques et politiques à l’échelle planétaire : les États, confrontés à la peur, se raidissent et se replient. De nouvelles formes d’expressions radicalistes, obscurantistes, complotistes, suprémacistes se développent. La démocratie recule partout. Le tableau est noir. N’en jetez plus !

Pourtant tout n’est pas à jeter. Comment aurions-nous pu vivre et survivre sans la Science, ne serais-c’est que pour sauver des nouveaux-nés de la mort ou d’allonger l’espérance de vie ? Sauf que cette volonté de trouver du soin pour tous, tout le temps, sauver de la maladie tout homme moderne, jusqu’à repousser la mort ou même le rendre immortel, a éloigné l’espèce humaine de cette Nature. Finalement, l’Homme n’a pensé qu’à lui. À sa grandeur, à son plaisir, à sa suprématie sur les autres êtres vivants, inertes. Là est le problème.

(7/07/2021)

Publié par

georgescinq

Passionné de littérature et de philosophie, j'écris de la poésie, des articles et de la prose que je voudrais faire partager. Ce blog ouvert le 26 décembre 2017 où quelques créations sont mises en ligne va s'enrichir progressivement d'autres éléments comme des photos, des liens vers d'autres sites, textes d'auteur.e.s... (en respectant la propriété intellectuelle).

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