Tomber dans le sommeil


Tomber dans le sommeil », c’est accepter en quelque sorte de mourir. De se laisser glisser volontairement dans l’inconnu, le noir et le silence de la nuit.
De livrer un corps chaud et agité dans une mer froide, voire glacée, mais qui doit s’envelopper de sérénité et de douceur. Enfant ou même adolescent, l’endormissement peut-être un très gros problème car, selon sa qualité, il influe beaucoup sur la construction d’un être en équilibre.

Les parents jouent ainsi un grand rôle dans cette réussite car ils créent les conditions d’un sommeil réparateur pour leurs enfants. Des paroles toujours bienveillantes, des lectures d’histoires ou de contes, des caresses (peut-on parler de massages ?), tout ce qui peut apaiser, sécuriser, entourer…

« Tomber dans le sommeil », oui il s’agit bien de tomber et cette expression peut apparaître très brutale au premier abord. Pour que cette chute soit plus douce, il est impératif de rassurer l’enfant et mettre en paroles, en gestes et en images tout un ensemble de symboles positifs et accessibles qui l’aideront à vouloir lâcher prise, « se jeter » dans le vide.

Ne pas avoir peur de partir « au-delà » et non pas « dans l’au-delà ». Par delà la conscience du « ici et maintenant ». Comme le suicidé qui décide de se jeter dans le vide. Que pense t-il lui, à ce moment-là, pour se rassurer ? Pense t-il que cette nuit sera utile, réparatrice, qu’il trouvera « après » un corps ragaillardi, neuf, un monde meilleur, ayant ainsi fait « reset » sur sa vie ( sur cette journée) et que ce lendemain sera plus serein, moins éprouvant, insupportable ? Le sommeil que le suicidé s’impose est définitif (jusqu’à preuve du contraire). C’est une plongée sans retour, sans possibilité de réveil.

Plonger ou tomber dans le sommeil est doux par essence et par nature. C’est l’acceptation d’une confiance mutuelle, celle que vos parents vous donnent et transmettent et celle que vous êtes capable d’accepter en retour. Un monde bienveillant s’ouvre et vous rassure car vous y croyez dur comme fer. Enfant, c’est avoir des parents présents, rassurants où ce plongeon est un abandon à l’amour et surtout à la croyance de l’amour. Le lendemain, c’est un lever dans la lumière du matin et le soleil, la beauté des choses que vous contemplez et goûtez chaque jour qui passe encore davantage.

Adulte, c’est une place dans la vie, le désir de continuer, persévérer, d’aimer, de s’affirmer.

(10/09/2022)

Publié par

Emmanuel Bouget

Passionné de littérature et de philosophie, j'écris de la poésie, des articles et de la prose que je voudrais faire partager. Ce blog ouvert le 26 décembre 2017 où quelques créations sont mises en ligne va s'enrichir progressivement d'autres éléments comme des photos, des liens vers d'autres sites, textes d'auteur.e.s... (en respectant la propriété intellectuelle).

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