Fanny

J’aime quand doucement

Tes paupières s’abaissent

Plaisirs, peurs je les sens

Dans mon corps ils me traversent

je ris, je pleure aussi

Les pluies de mon coeur

Jamais ne sont taries

Si tu m’oublies je meurs

Robes colorées, amples, déployées

Troublent mes pensées d’ « aimé »

Jamais je n’oublierai cette histoire

Faite de douceur et de devoir

Ces taxis qui nous emmènent

Vers la Seine ont le désir roulant

D’un enchantement qui me prend

Du dedans vers le dehors j’adore

Peine du jour, de la nuit, de l’instant

Jamais absent, toujours vaillant

Vers des contrées d’un nouveau jour

Isolé, blessé, je pense à toi mon Amour.

(10/04/2021)

Douceur


Je prendrai ce train

Atteindre le lointain

Voir les montagnes

La mer la campagne

Qui sait je serai bien

Autre part que dans le rien

C’est ton air qu’il me faut

Pour trouver le repos

Dans ce décor nouveau

C’est tout l’Univers en gros

Déserts de sable

Horizons insondables

J’attends le moment

Car te connaissant

Ta peau, tes cuisses

Me manquent énormément

Le ciel bleu d’avant

Devenu sombre maintenant

Ouvre de possibles espoirs

À ceux qui ne sauraient échoir

Tes yeux doucement se ferment

Les voyant éclatant de rêves

Abandonnés nous volons

Dans un monde sans façon

Je reprendrai la route

Avec ou sans toi sans doute

Je garderai en moi cette douceur

Celle qui ne fait pas peur

(11/03/2021)

Se bâtir une philosophie (chap. 11)

Je ne sais pas vous mais moi je ne sais plus où donner de la tête. Mon esprit est constamment, ou presque, occupé, matraqué d’informations et d’injonctions, de sentiments, d’émotions, de pensées. La pensée intime, celle qui vous permet de garder et suivre une conduite raisonnée, droite, conforme à vos convictions et intuitions est menacée. Vous n’êtes plus dans cette « zone de confort » rassurante. Cette crise sanitaire bouscule nos vies, nos habitudes, nos « petits » rituels, pourtant essentiels.

Tout apprentissage nous contraint (par des formes différentes) à quitter cette zone de confort. A la dépasser, donc à se surpasser. Pour apprendre, il faut se faire mal et accepter une sorte de malaise, de danger. Il faut se mettre en danger. Il faut savoir supporter la peur du changement, de l’inconnu. Cette nouvelle donne peut nous être donnée par les différentes étapes de la vie, dans les besoins élémentaires qui sont devoir se nourrir, grandir, s’insérer dans une famille ou une société, et à son tour procréer et élever sa descendance. Puis l’école vous dicte les (ses) vérités, rectifie votre ignorance, déconstruit vos certitudes, croyances, préjugés…

Cette crise de la Covid, brutale, nous oblige à nous adapter et à affronter nos peurs de tomber malade, de voir des proches atteints, d’être contraints dans nos vies de ne plus pouvoir sortir de chez soi, ne plus avoir de relations familiales, amicales, sociales. La comparaison avec un état de « guerre » est évident. Même si l’ennemi n’est pas humain.

En général, dans ces cas-là, les réactions humaines peuvent amener deux phénomènes. Certains vont souffrir mais vont pouvoir se « raccrocher » encore à de l’humain. Avoir confiance en l’autre, aider ses proches qui en ont besoin, créer dans liens dans leur immeuble, leur quartier, leur village. Continuer ou entreprendre des choses positives, occuper sainement leur temps (ceux qui peuvent travailler ont à ce titre deux atouts majeurs : être dans l’action tout en s’adaptant aux règles sanitaires ET agir positivement pour une société en danger), entreprendre de faire des choses qu’ils n’auraient jamais pensé faire un jour : pratiquer de l’exercice physique, lire, dessiner, écrire, chanter, danser…

Et puis, il y a une une partie des gens dont la confiance, déjà beaucoup entamée, s’est détériorée lorsque cette pandémie et toutes les restrictions sont arrivées. On pourrait énumérer à l’infini les causes qui les font devenir complotistes, radicaux, intégristes (causes obscurantistes liées à des croyances religieuses, signe de Dieu, esprits maléfiques…), illuminés religieux ou prophètes de la fin du monde (la Bible contient un dernier chapitre intitulé « l’apocalypse »).

Mais, du coup, c’est la peur qu’ils ne supportent pas. Je pense, incapables d’affronter une telle épidémie qui a pourtant toujours existé dans l’Histoire. C’est une manière pour eux, confrontés à un phénomène monopolisant tout le spectre médiatique, d’exister. Certaines oppositions politiques profitent aussi de la situation pour avancer leurs pions.

Pour terminer, je dirais que cette pandémie est une catastrophe, une sorte de tremblement de terre qui a détruit une partie de nos constructions jusqu’aux fondations. Dans ces cas-là, c’est l’union sacrée qui prévaut.

(2/03/2021)

Valentine’ s day


N’importe où, n’importe quand

Je ris à gorge déployée.

De cette absurdité de l’existence

Qu’aucune raison ne compense.

Je ne m’arrête plus de croire

Que seul le rire peut asseoir

L’oubli en un soir,

S’abandonner sans te voir.

Je ne peux pas voir tes seins

Le jour de la St Valentin

Mais tes fesses je le confesse

Gardent mon soutien.

Des roses en bouton

Jamais ne faneront.

Et de ton bouton

En éclats triompheront.

Ce qu’il me reste,

Des pixels sans le reste.

Je m’enivre de ces traces

Que l’alcool efface.

(14/02/2021)


Ombres et lumières

La nuit je te cherche

Là où tu n’es pas.

C’est toi pourtant que je vois

À travers les draps rêches.

L’aube à peine arrivée,

Mêlée d’encre noire et bleue

Dessine un corps merveilleux

Sous la voûte étoilée.

Quand le soleil inonde

De ses rayons le monde,

Heureuse est ma peine

Dans ses errances quotidiennes.

Quand des nuages sombres,

Au large, à la pénombre,

Du bateau, TOI à la proue

MOI à la cale, remontent les fous.

Ce matin la mer est lisse

Comme ta peau est tendre.

Je m’y plonge sans attendre,

Caressant l’onde qui plisse.

(3/02/2021)

Se bâtir une philosophie (chap. 10)

À vouloir jouer les philosophes, je crois que je le suis devenu. Non pas un philosophe reconnu, publié, suivi. On verra ça plus tard. Mais un philosophe dans ma manière de penser et donc de vivre. Un philosophe à l’ancienne, type Socrate. Ces textes, réflexions tirés de l’expérience et aidés par les philosophes et leurs concepts semblent pourtant intéresser.

C’est drôle comment l’écriture nous ouvre des champs, des horizons infinis de questionnements, de paradoxes, d’intuitions, de mouvements pourtant très logiques de la pensée. Un ressenti, une inspiration, une idée, des souvenirs surgissent et la réflexion se déploie presque naturellement dans l’écrit, sous réserve que l’on puisse traduire la pensée en mots. Et qu’on ait suffisamment de force et de volonté pour le faire.

La situation actuelle – la crise sanitaire du Covid 19 qui « fêtera » bientôt ses un an – ne m’a pas encouragé à écrire. Coupé dans l’élan créatif et philosophique car il n’y a rien de bon dans ce moment qui puisse nous inspirer. Rien de joyeux, ni de beau. Les sourires des gens, des passants ont disparu et filent tête basse rapidement et furtivement, affublés d’un masque qui rend un peu plus sinistre ce décor. Dans les cas des confinements, des reconfinements, des couvre-feux, tout s’arrête autour de nous. Et donc vous aussi.

Le temps se fige, suspendu. Les termes « choqué », « sidéré », « peur », « perdu », « génération sacrifiée », « réanimation », « xxx morts en 24h », etc… donnent le tournis et le « bourdon ». Voire la dépression. Chacun se débrouille comme il peut avec ce qu’il a. Les plus vulnérables trinquent qu’ils soient fragiles socialement ou moralement.

En fait, ceux qui réussissent à faire face sont dans l’action. Tous ces professionnels qui sont empêchés de travailler, étant considérés comme acteurs d’activités « non essentielles » ont beaucoup souffert. Et souffrent encore aujourd’hui. Les travailleurs des premières lignes, à part les soignants qui ont été confrontés aux difficultés de saturation des places de lits de réanimation – et confrontés à la mort – n’ont pas eu trop à gamberger, ayant « le nez dans le guidon ». Portés socialement par leur employeurs, corporations et syndicats, solidaires entre eux.

Le plus compliqué est pour la famille et les enfants. Cette crise a accentué l’interdépendance à l’intérieur des cercles familiaux, vivant dans des huis clos pesants, entraînant parfois des violences conjugales et intra familiales.

Je me rends compte de cette chance (?) d’être seul, ou en tout cas, de n’être pas en famille, avec une femme et des jeunes enfants. Je comprends que cela peut être très difficile à vivre, pour des tas de raisons (télétravail, enfants sans école auxquels il est important de poursuivre l’éducation à la maison, activités sportives, culturelles, associatives, sociales empêchées…). Par contre, comment bouger pour ne pas penser, au risque de penser mal ? S’occuper pour ne pas tomber dans des pensées tristes, pallier l’impossibilité partielle ou totale des sorties. Et, subir le flot d’informations morbides, contradictoires, polémiques des réseaux d’information.

Écrire est un mouvement de la pensée. Mais il n’est pas assez naturel, automatique comme le sport, le chant, la musique, la danse ou même les arts graphiques. L’écriture et la lecture demandent un niveau de concentration important qui n’est pas aisé dans l’ambiance de la Covid-19. Les réseaux sociaux que j’aime critiquer ont pourtant bien servi pour rompre cet isolement et ces contraintes. Beaucoup d’artistes ne pouvant pas se produire en concerts ont investis Facebook, Tweeter, Instagram pour y retrouver leur public.

Beaucoup ont été créatifs et découvert des talents cachés.

La réflexion de départ de cette série d’articles était d’abord d’essayer de mettre par écrit ce que la vie, la lecture, donnent comme richesse à la réflexion philosophique, et je dirais plutôt à une philosophie DE VIE. « Philosopher, c’est apprendre à mourir » disait Montaigne. Mais avant de mourir (et le plus tard possible !), c’est apprendre à vivre. En ces temps troublés, cela s’avère très utile.

(14/01/2021)

Perdre et trouver

Je me perds souvent

Je me perds tout le temps

Retrouvant pourtant

Souvent le vent

Me portant dans l’allant

Jamais perdu

Tournant en rond

Comme dans le lit

Aussi en esprit

Ta voix ton corps retrouvent

Mon être entier qui couve

Je serai cendre

Pour t’attendre

Je serai nuage

Avant l’orage

Bleu avant le gris

Arc en ciel

Avant le ciel

Le corps encore

Puise plus fort

Dans l’effort

Mais jamais a tort

(01/01/2021)

Sens de la vie

Rien qu’un manque

Alors que tout est là,

Malgré le fracas.

Le temps est un tank

Passant inexorablement

Tel un tuyau compresseur

Nous privant d’apesanteur.

Sur ou dans la terre, jamais dans l’air.

Coeur morne, œil borgne, vidés, aspirés,

Pensées moites occupées

Par des positions guerrières.

Contre moi-même, envie de fer.

Ciel ouvert nous console

De n’être plus personne.

Les pensées s’envolent

Au paradis des Hommes.

Sous la voûte céleste,

Ciel étoilé, blanche

Lune brillante

Et chants des grillons, éclats des vers luisants

Colorent les sons,

Subliment les sens

D’ un pays sans nom

Qui n’a plus d’essence.

(27/11/2020)

Intime étrangère

Nous ne nous sommes jamais vus

Tous deux nus et reclus

Pourtant attendant l’instant fébrile

De réunir deux corps en péril.

J’entends cette voix mignonne

Ronde comme une pomme

Me réciter les vibrations du coeur

Celles des peines, ma muse, ma sœur.

L’hiver pointe le bout de son nez

D’innombrables oiseaux piégés

Réclament notre pitié et souvent

S’envolent au firmament.

Que serais-je sans toi dans l’horizon

Blême de jeux sans passion ?

Nos aîles encore solides prêtes

A reconquérir Liberté et fêtes ?

Dans cette parenthèse inenchantée

Nous restent que mots, paroles, choses rêvées.

Les sourires, baisers viendront plus tard

Laissons douloureusement faire le hasard.

Tard mais sûrement nous prendrons la part,

Promise d’un nouveau départ.

Car je regarde autour de moi, la Nature me sourit.

Elle n’attend que nous sur le chemin de la Vie.

(21/11/2O20)

Douleur d’aimer

Coeur serré

Pieds usés

Yeux vides

Joues humides.

Oublier le souvenir

De ces baisers

Qui ne m’ont pas quitté

M’empêchera de mourir.

Je fonds devant toi

Tout en moi se dilate.

Remisées les cartes

Rien n’est plus qu’émois.

Je ne vois que des bouts de toi.

Chacun est un pic me traversant

Brûlant autant que glaçant.

Perdu en moi les bras en croix.

Douleur, je te garde jalousement.

Emmène-moi mort ou vif

Dans les déserts du temps,

Garde – moi entre tes griffes.

Pourtant jamais plus heureux

Que moi aujourd’hui.

Dans cette folie, je vis.

L’amour est là, radieux.

L’errance est mon royaume

Entouré de fantômes.

Ma vie est un rêve

Où règnent mille reines.

Chacune est un mystère aîlé

D’où surgissent de multiples manières.

Je ne peux les empêcher d’aimer

L’amour est sans barrière.

(27/07/2020)