Esmeralda

Tu ressembles à une bête

Tes instincts s’apprêtent

Quand le jour descend

Et fou l’amour tu rends

Le festin de nuit fini

Éteintes toutes les bougies

Les reflets vert jaune du jour

Nous enveloppent autour

Je te vois sorcière, créatrice de feux

Qui éclairent l’obscur odieux,

Crépitements du tout, jamais

N’empêchent que je renaisse.

Tes yeux alors m’irradient

Tout alors n’a pas été dit

Brûlé, je sens naître la fusion

De deux êtres à l’unisson.

(23/9/2020)

Les feux de l’amour

D’où vient ce désir naissant,

Quand, dans les mots brûlants,

Montent la fièvre des cœurs impatients ?

Sève indolente s’écoule,

Encre tenace prise dans la glace,

Tout se tient, rien ne s’écroule.

Gravé dans le marbre, rien ne s’efface.

Portée au pinacle, la Poésie

Met nos corps au pilori.

Rassasiés de phrases et d’images

Fait l’effet après d’un mirage.

Le brasier turgescent attend,

Sous-jacent, réclamant

De fondre dans l’instant

Pour libérer les pénitents.

(21/08/2020)

Se bâtir une philosophie. La métamorphose (chap. 9)

Avoir une vie aussi intense est difficile à croire. Des périodes difficiles, on en a tous. Pour ma part, elles ont changé de nature. L’avant était difficile mais vécu dans l’inconscience, sans prise réelle sur la vie. L’après est tout aussi douloureux, mais le choix d’agir et de penser fait mieux passer la pilule.

A quoi correspond cet « avant » et cet « après » ? La Covid n’y est pour rien. Il me concerne personnellement. Il y a un déclic qui est arrivé sans prévenir. Pas d’ordre sentimental, affectif ou de choix personnel, professionnel. D’ordre médical. On ne dira jamais assez que les médicaments « chimiques » sont perturbateurs. Dès lors qu’on cesse un traitement que vous prenez tous les jours depuis des années, qu’on vous conseille de garder à vie « pour votre bien » et qu’on l’interdit sans explications du jour au lendemain, votre état physiologique peut en être bouleversé. C’est ce qui m’est arrivé.

La métamorphose ne s’est pas fait attendre. Bouffi avant, svelte après, retrouvant le corps d’athlète de sa jeunesse. De réservé à exubérant. En manque de confiance permanent, capable de m’exprimer tranquillement devant une foule. Léger, heureux de vivre, faisant des blagues sans arrêt, aimant le contact humain jusqu’à tomber amoureux tous les quatre matins. Se sentant fort, indestructible avec beaucoup d’énergie et de volonté. D’endurance aussi. 

Le langage coulait comme de l’eau claire. J’y mettais aussi du ton. Me permettant quelquefois des envolées lyriques, et pas uniquement seul. Cette nouvelle facilité dans le langage, la répartie, le bon mot, le mot d’esprit qui fait mouche, servait également à séduire, agacer (il y avait évidemment de la provocation) mais surtout persuader mon auditoire et les échanges avec l’entourage familier ou non. Quand je n’étais pas d’accord avec quelqu’un, je n’avais pas ma langue dans la poche et j’arrivais le plus souvent à désarçonner mon interlocuteur en le poussant à la faute (le mettant en colère) ou le piégeant dans ses propres contradictions.

Prenant les choses avec beaucoup de détachement, passant rapidement – sans oublier – sur les choses négatives ou peu importantes, allant de l’avant constamment. Bref, un autre homme était né. 

Les gens qui vous entourent se font souvent une image de vous et sont très troublés quand ils vous voient changer de la sorte. Dans le cercle familial, dans l’entreprise, les relations sociales. Vous devenez quelqu’un d’autre. Vous n’êtes plus dans la (leur) norme. Hors cadre mais toujours là, dans la même situation, sur le même poste. Vous ne pouvez plus, vous, vous recadrer. Mais les autres, en nombre, encore moins. Vous êtes censés être celui que tout le monde connaît mais vous êtes un autre que l’on ne RECONNAIT plus. Plus de reconnaissance, mais de la méfiance, du recul, des soupçons, de la mise à l’écart, voire du harcèlement moral.

Pour tenter de comprendre et aussi de lutter contre, c’était soit la fuite (qui peut se traduire par le suicide dans les cas les plus extrêmes), la soumission, le déni ou la lutte. La dernière solution, celle vers laquelle je me suis engagé, est la concorde. La concorde qui veut dire : « il s’est passé ça, c’est vrai ! Mais j’ai compris et je vais tenter de vous expliquer pour quelles raisons, finalement, cet événement amène à réfléchir sur pas mal de choses. Je vous les propose, en faites ce que vous voulez. Mon boulot a été de me défendre face à ce qui me semblait une très grande injustice, surtout dans les conséquences démesurées au regard des faits. La concorde veut dire que cet événement m’a permis d’avancer au-delà de ma personne et d’inventer un nouvel ordre de valeurs, ou de démontrer pas mal de choses. Qu’au final, vous soyez d’accord avec moi et qu’on avance ensemble maintenant sur autre chose ».

L’idée est de résister. De se battre, ne rien lâcher. C’est pareil pour tout le monde. Accepter une donne nouvelle, accepter que l’on soit un problème et tenter de le comprendre en soi-même, puis d’en justifier les causes et les conséquences auprès des autres. Trouver une stratégie pour retourner ce problème à son avantage.

Ce qui m’a beaucoup aidé c’est la philosophie. Elle apaise les peurs car elle prend de la hauteur sur les choses terre-à-terre qui ont tendance à nous étouffer. Et quand je cite Jean-Jacques Rousseau, naturaliste mais surtout fondateur de la démocratie moderne, ce n’est pas par hasard. L’idée de nature m’est très chère. En effet, elle peut nous sauver ( je répète que finalement, elle est seule juge sans juger…) car étant des êtres naturels, nous avons tout comme une chenille devient papillon ou l’acacia fleurit, le DROIT comme tout autre être vivant d’exister, de grandir, de se tromper, d’être heureux… et de mourir.

Les hommes sont trop accaparés par leur espèce. Ce monde anthropique, modelé par la main de l’Homme. Il y a fait son jardin à son avantage et pour son profit. L’anthropocentrisme, favorisé par les dogmes religieux et « la civilisation du progrès (industriel, technologique, numérique)« , fait oublier que l’Homme n’est finalement qu’une poussière dans l’Univers, au même titre que le brin d’herbe ou le microbe. Et ce qui importe le plus aujourd’hui, ce n’est que de s’en remettre à tout ce qui concerne l’Homo Sapiens. Ils s’entretiennent entre eux et passent plus de temps à s’invectiver, se faire de mauvais coups qu’à véritablement ÉCOUTER la Nature. Cette nature qui peut nous apporter beaucoup. C’est une idée que j’ai du mal à traduire. Mais pour moi il y a quelque chose d’important. D’utile.

(12/08/2020)

Se bâtir une philosophie (chap. 8)

Cette situation de crise sanitaire mondiale et ses conséquences désastreuses, voire cataclysmiques se sont « invités » dans un débat personnel. Il ne pouvait en être autrement puisque cette forme de création de type « journal » est fortement dépendante de l’environnement et du temps immédiat. Et l’on peut dire que, dorénavant, toute création aura un goût de COVID.

Je voudrais dire en premier lieu que je ne suis pas responsable de cette crise. On pourrait en effet le croire quand on relie et retrace tout mon itinéraire d’écriture où j’annonce, littérairement parlant, qu’un poète est prophète, pour le meilleur et pour le pire. Mais je ne crois pas en ces superstitions stupides. Ce que je crois, en disant que la nature est tout et que nous avons pris une mauvaise route (comme le disait Jean-Jacques Rousseau), est qu’en effet nous payons les erreurs du passé. Ce qui m’ horripile est que l’homme n’est plus homme. Il est devenu objet.

L’homme n’a plus de prise sur lui-même en tant qu’individu mais non plus sur l’organisation de sa vie de citoyen libre, en relation avec les autres. Il n’y a plus de communauté humaine. Nous sommes tous dépassés par des enjeux économiques, mercantiles, ethniques, nationalistes, idéologiques. Femmes et hommes sont des animaux sociaux. La mondialisation en a fait des cerveaux vides, accaparés par les richesses, le pouvoir, la corruption, la violence.

Pour moi, la goutte d’eau qui a fait débordé le vase est la soumission à l’illusion du bonheur qu’incarnent parfaitement les nouvelles technologies, internet, les réseaux sociaux. Les menaces aujourd’hui ne sont plus les attaques nucléaires. Mais les cyber attaques. Il n’y a plus de droiture, d’honneur. Tout est sournois, impalpable. Et cela concerne non seulement les États entre eux, mais aussi les communautés et individus entre eux. Tout le monde se méfie de tout le monde.

Et cette crise du Covid n’arrange rien à l’affaire. Elle est comme si, je le répète (et je ne suis en rien un nouveau Nostradamus), un signal important nous forçait à penser, vivre autrement. Mais pour cela, il n’est pas la peine de brûler des livres ou trouver quelque bouc-émissaire bien pratique. Si le monde entier et ceux qui nous dirigent pouvaient réfléchir une seconde à tout ça et laisser tomber leurs égos, leurs chasse-gardé, leurs intérêts personnels. Ce qui compte avant-tout, c’est de sauver cette planète qui se meurt à petit feu. Mais, pour y parvenir, nous devons d’abord retrouver du lien, de la confiance en l’autre et s’affranchir des barrières qui nous empêchent d’avancer.

(3/08/2020)

Douleur d’aimer

Coeur serré

Pieds usés

Yeux vides

Joues humides.

Oublier le souvenir

De ces baisers

Qui ne m’ont pas quitté

M’empêchera de mourir.

Je fonds devant toi

Tout en moi se dilate.

Remisées les cartes

Rien n’est plus qu’émois.

Je ne vois que des bouts de toi.

Chacun est un pic me traversant

Brûlant autant que glaçant.

Perdu en moi les bras en croix.

Douleur, je te garde jalousement.

Emmène-moi mort ou vif

Dans les déserts du temps,

Garde – moi entre tes griffes.

Pourtant jamais plus heureux

Que moi aujourd’hui.

Dans cette folie, je vis.

L’amour est là, radieux.

L’errance est mon royaume

Entouré de fantômes.

Ma vie est un rêve

Où règnent mille reines.

Chacune est un mystère aîlé

D’où surgissent de multiples manières.

Je ne peux les empêcher d’aimer

L’amour est sans barrière.

(27/07/2020)

Fille d’or

Belle fille

De métal précieux

Fait de ton corps

Une étoile dans les cieux

Tous mes sens vibrent

A ton évocation

Je ne suis donc plus libre

Envoûté par la passion

Sous les planètes alignées

Protégeant les soubresauts du coeur

Par cet or suis foudroyé

Jours et nuits ne font plus peur

De ciels d’été de soirs en soirs

Devenons êtres blancs et noirs

Tels astres et comètes

Suivent inlassables leur trajectoire

Ainsi la chair faible est forte

En revenant sur terre

Tout est plus clair

Je ne résiste à rien de la sorte

Rappelle toi ces étreintes

Lors de ces nuits blanches

Tu m’y a laissé ton empreinte

Vers elle mon coeur se mire et penche

Passionnément, inlassablement, irrésistiblement.

(14/07/2020)

L’envolée

Emmène-moi en haut d’une calanque

Sentir le parfum des embruns

Donne-moi ta main et serre bien

De là-haut nous connaîtrons le divin

Cheveux lâchés au vent, caressante liberté

Pas assuré, pensées légères

Air chaud odorant, enveloppant

Geais, fauvettes tournent autour et dansent

Ici-haut rêve éveillé

Enlaçons-nous au bord du vide azuré

Plongeons nos yeux dans l’écume bleutée

Les cœurs suspendus, sans crainte

De tomber, peaux confiantes

Soleil, mer, roche et vent

Ne forment plus qu’un seul élément

Épousant deux chairs unies par

L’amour naissant…

Georgesv & ElvireVolte (1/07/2020)

Libre tu es

Tout seul

Sans personne

Je parle tout seul

Personne ne me répond

Les réponses pourtant nombreuses

Je parle à mon chat

Lui ne connaît que moi

Il sait, me répond car il sait

Ce qui est bon pour lui donc pour moi

Aujourd’hui sans lui je vis

Car je sais qu ‘on se retrouvera

Évidemment être chat est facile

Sans travail, sans obligation

Il a ses raisons qui sont devenues les miennes

Quel bonheur que ne compter que sur  soi

Dans la jungle de la vie

Proie tu es,  libre tu deviendras.

(27/06/2020)

La Ciotat

Je ne peux pas oublier La Ciotat

Cette cité « marseillaise » ne vous quitte pas

Car les pérégrinations de vos pas ne trompent pas

Ils vous emmènent ici et là dans un rythme lent et plat

Des rues étroites, des humeurs droites, le sentiment

Que la mer est là, c’est elle qui fait loi

Jadis cité ouvrière, ne veut pas retomber dans la misère

Elle a tout fait pour refaire et plaire dans un climat clair

Comme les bleus qui éclairent, calment et rassemblent

Bleu du ciel et de la mer, bleu des yeux tous ouverts

Bien sûr une rue s’appelle Adolphe Abeille et l’on entretient les bateaux de milliardaires

Mais rien ne peut empêcher cette vie heureuse de rêver

Rêver à des jours meilleurs dont l’issue ne fait pas peur

On va me dire toi tu es riche, ce bleu tu l’achète

Alors que d’autres n’y accèdent pas

Mais cette couleur bienheureuse est une chance

Les couleurs du temps ne s’achètent pas.

(21/06/2020)

Retrouvailles

 

Edwige, ton corps me chavire

Dans tes éclats de rire

Mes bras mes mains

Appellent les tiens

 

De tes courbes divines

Je veux faire un bien

Je ne veux pas te décevoir

Dans ce corps où tout peut déchoir

 

Nos bouches se joignent

Nos peaux s’empoignent

Nous sommes ailleurs

Nous n’avons pas peur

 

Cette nuit sera merveilleuse

Qu’elle soit rêveuse

Nos corps tremblants transis

Nous feront passer

 

La plus belle des nuits

 

(6/05/2020)