Illusoire mépris

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Âmes jointes

Quitter sa femme
Donner une flamme.
Faire un drame
Dans un vacarme.

Joindre des âmes
Sans souci ni blâme
Jamais ne vous accable
Et faites de vous un coupable.

Faire du pire un mieux,
Certes un peu plus douloureux
Mais rendre les armes pour du charme
Sans y laisser de larmes.

Prendre un pauvre chat,
Combler je ne sais quoi.
Le confier à un père
Qui de personne n’espère.

Les rendre heureux
Tous les deux
Sans que personne
Ne questionne.

Te trouver toi,
Ignorante des lois
Mais sensible à la foi
Me la donnant toutefois.

Nature, logis et festin
Font de ce tout un bien.
Assis, ici, à tes côtés
Me donne l’envie de prier.

Emanuel Boujet (8/12/2023)

Poème de nuit

Arrivent des nuits où, souvent,
Me vient l’envie
D’écrire de la Poésie,
Et ce peut être un Bien.

Sommeil ne venant,
N’attend pas le soleil levant,
L ‘encrier crie famine,
Demande quelque sentiment.

Chercher des réponses
A d’innombrables attentes,
Sans que pour cela,
Tout ne tombe à plat.

Sont des messages autant à toi
Qu’à ceux qui n’aiment pas.
S’affichent dans une vie,
Sans trouble, sans mépris.

Sont fragments de vie,
Contours du jour et de la nuit,
Idéaux dans le commun ennui,
Gammes d’un monde sans bruit.

Oui, le calme obscur est propice
A embellir ce monde
Jonché d’immondices,
Important d’y donner des indices.

Oui, les poèmes sont des jeux
Dont les tours n’ont rien de malheureux.
Ils s’inspirent des vies qui viennent à eux
Et confortent les miséreux.

C’est une liberté qui s’affirme
Au-delà des simples rimes
Par laquelle vérités et beautés priment,
Sans rien qui ne les domine.

Oui, la Poésie est utile
Autant que le travail que j’estime.
Se démarque et, parfois, sublime une pensée
D’un monde dépassé.

Emmanuel Boujet (4/12/2023)

Austère hiver

Sentir venir l’hiver,
Comme on sent le printemps.
Pas celui des bourgeons s’éveillant.
L’odeur d’un hiver comme un univers.

Voir poindre la froidure,
Prévoyant des heures dures,
Réconfortées par les lunes
En place dans la fortune.

Les feuilles font leurs tapis,
Installent la chaleur boisée d’un salon,
Lieu de promenades de saison.
Son de toute chose prend écho.

Tout bruit rejaillit,
Cri, plainte, ennui
Prennent essor.
Veulent conjurer un sort.

Arbres en dormance
Ne sont pas en romance.
Oui, plus solides que l’on pense,
Enracinés pour notre défense.

Ces grands « hommes verts »
S’habillent pour l’hiver,
Ne se feront jamais la guerre,
Donneront même un goût de mystère.

Que triomphe l’Hiver,
Celui de la Terre
Qui n’attend pas plus de revers
Mais demandent les utiles stères.

Emmanuel Boujet (22/11/2023)

Drapeaux et oripeaux

Rien ne pourra nous éloigner
De ce que la Nature a donné.
Le reste n’est que pauvreté
Semblable à des oripeaux

Portés en guise de drapeaux.
Personne n’empêchera les chevaux
De se lâcher et les idéaux d’avancer.
Face aux déshonneurs, revêtons des couleurs

De l’arc-en-ciel et des bonheurs.
Tout autre n’est que cupidité
Incarnée par le peu d’humanité
Ne veux pas faire ce métier.

J’enfouis mon cœur meurtri
Dans ton corps endolori.
Cœur et corps font un beau décor
Qui n’existe pas encore.

Magnifique, pourtant, la vie est là.
D’innombrables baisers inondent le monde,
Et devant des statues de fer et de fiel
Je préfère ton goût de miel.

Bref, l’amour est toujours là
Sans être raplapla.
Nos ébats le jurent
Et riment avec toujours.

Le chaos du monde
Demande qu’on le gronde.
En effet existe mais ne demande pas
Qu’on s’y désiste.

Je veux voir la douleur de cette fin
C’est la plus belle preuve du bien.
Entier, conscient, retrouver les siens,
Jamais ignore les liens.

Tu ne me crois pas dans ce que je sois,
Ne prends aucun signe qui m’assigne,
Mon but n’est pas la lutte,
Mais les actes sont des signes.

Notre amour d’alchimie
N’a rien avoir avec la chimie
Il parle de pleurs et de rires
Que seul un heureux hasard peut chérir.

Emmanuel Boujet (10/11/2023)

J’ai fait un rêve

Tard, le soir, dans les cauchemars,
Mon esprit endormi et calme
Fait la grève, une trêve,
N’accepte aucune entrave.

J’attends le brame
N’ayant rien d’infâme,
Fais vivre la flamme
Avec la plus belle des femmes.

Seul pourtant, fais avec mon âme
Scènes des plus véritables.
Refais la vie avec ce que l’on n’ a pas appris.
Et soudain, donne des éclaircies.

Jamais ne dirais ici
La solution du « déni ».
Manques et monstres
Dévoilent ce qui démontre.

Affreux les dieux de nos jours,
Oubliant les valeurs de l’Amour,
Faisant un vide autour
Ne mettant rien au jour.

Ami des cauchemars et rêves
Fais ce que je veux sans glaive
Ignore ce qu’est barbarie,
La mort n’a pas de prix.

Emmanuel Boujet (04/11/2023)

Poème engagé

Y a t-il quelque part
Un reste de lueur
Dans cette prison de peur
Où tout n’est que malheur ?

Quel moment d’espoir
Plus fort que le désespoir ?
Sommes devenus fantômes sous des dômes,
Misérables atomes.

S’en remettre aux Dieux,
Réflexe désastreux,
Car le Monde n’a pas de père
Jusqu’à preuve du contraire.

Massacrer pour cela
Est un non-Droit
Associé aux prédicats.
Triomphons du n’importe quoi !

Sommes-nous fiers de ce climat de guerre permanent ?
Et, malgré les prières des hommes raisonnants,
N’importe quel de nos pairs évoquerait un enfer
Bien humain pourtant.

Emmanuel Boujet (27/10/2023)

Autumn poetry

Faisons le pari de l’Amour.
Sans détour.
Ravissons-nous d’émois.
Sans poids.

Partageons les agapes
Avant que la peine frappe.
Et si tu n’en veux pas,
Peux te faire un œuf au plat.

Ouvrir des huîtres,
Gratter des moules,
Sans attendre la houle.
Remettre les pulls.

Dans la nuit obscure
Pullulent les chouettes,
Hululent sous les lunes,
Les chats ne sont pas loin.

La mer au loin,
Les vagues et le crachin
fourbissent l’amer et les câlins.
Tout s’évanouit dans nos mains.

Que vienne l’Automne !,
Champignons, gibiers,
Sonnez clairons, résonnez saisons !
Demain, ferons la salaison.

Bois, Forêts, retenez le mystère
Qui vous assigne à cette terre,
Redorer les signes
Que les êtres espèrent.

Ici, tout est luxe, calme et volonté,
Loin des laideurs, près des voluptés.
Les chats ne sont pas loin.
Enfilons nos pulls.

Emmanuel Boujet (18/10/2023)

Dans le temple

Dans le temple des Croyances,
Devait trouver du sens,
Mettre son âme en balance,
Gagner le numéro de la Chance.

Dans le temple des Illusions,
Combattait la confusion,
Refusant d’y trouver des raisons
Grosses comme une maison.

Dans le temple des Souvenirs,
Se rapprochait du meilleur et du pire,
Pensait retrouver l’innocence
Et la politique du Rire.

Dans le temple de l’Amour,
Faisait des rimes avec toujours,
Ignorant les mises à jour
De bonheurs en retour.

Dans le temple de l’Amitié,
Fait preuve de fidélité,
Partage idées et vies,
Sans parti pris.

Dans le temple de la Vie,
Contemple beautés et miracles,
Délaisse oracles et guerriers
Prévoyant la débâcle.

Dans le temple du Bonheur,
S’affranchit des malheurs,
Se crée un monde intérieur,
Prend, donne, sans erreur.

Emmanuel Boujet (17/10/2023)

Poésie sans nom

Tourne la page,
Devient plus sage.
Plus en cage,
Même sous l’orage.

Sage comme une image,
Blanche est la page
Telle un mirage
Attendant un page.

L’hirondelle dans le ciel
Atteint l’infiniment bleu.
Les nuages cotonneux
Se ramassent à la pelle.

Elle (l’hirondelle) virevolte sous l’éclair,
Ils (les nuages) déversent leur trop plein de pluies,
Rejaillissent dans l’écume
D’un beau clair de lune.

Dans les sous-bois,
Personne aux abois.
Quelques chiens de potence
Parfois en souffrance.

Ni les Bêtes ni les Hommes
Ne permettent qu’on lui pardonnent,
Cette tempête qui met en miettes
Et rend hagard des pieds à la tête.

Prisonniers des mauvaises
Et bonnes fées,
Les terriens atterrés
Se refilent des punaises.

De lit ou d’ailleurs,
Elles ne font plus peur,
Cherchant dans l’immensité
Quelque sang humain à leur portée.

Plus hauts et plus gros,
Les corbeaux ne lâchent pas prise
Tant que la méprise du « fromage »
Ne fasse l’objet d’une révise.

Aucun de nous (et tant mieux !),
Femmes, Hommes, Enfants, Objets,
Femmes ou Hommes – Objets,
Inanimés, animés

De bonnes ou mauvaises intentions,
N’imaginent que l’on puisse,
D’un trait au crayon,
Sauter et compter les moutons,

Et donner
Un titre
A ce poème
Qui n’a pas de nom.

Emmanuel Boujet (16/10/2023)