Sentir venir l’hiver,
Comme on sent le printemps.
Pas celui des bourgeons s’éveillant.
L’odeur d’un hiver comme un univers.
Voir poindre la froidure,
Prévoyant des heures dures,
Réconfortées par les lunes
En place dans la fortune.
Les feuilles font leurs tapis,
Installent la chaleur boisée d’un salon,
Lieu de promenades de saison.
Son de toute chose prend écho.
Tout bruit rejaillit,
Cri, plainte, ennui
Prennent essor.
Veulent conjurer un sort.
Arbres en dormance
Ne sont pas en romance.
Oui, plus solides que l’on pense,
Enracinés pour notre défense.
Ces grands « hommes verts »
S’habillent pour l’hiver,
Ne se feront jamais la guerre,
Donneront même un goût de mystère.
Que triomphe l’Hiver,
Celui de la Terre
Qui n’attend pas plus de revers
Mais demandent les utiles stères.
Emmanuel Boujet (22/11/2023)
