Limbes d’amour

Des toxiques saveurs de la peur,
Des honteuses bassesses où tout s’affaisse
Et, où nuages et éclairs se pressent,
Déesse brune, tu apaises la douleur.

Tes yeux amandes et ce sourire langoureux
Donnent plus de vie et de crédit à l’oubli
Que toutes les horreurs connues des aïeux.
Que rejaillissent au lieu des feux les beautés de la nuit !

Avec ton timbre de voix grave et doux,
Abonde en eaux claires et pures
Mers, fleuves, rivières et sources
Et m’y plonge amoureusement jusqu’au cou.

Peau dorée comme du bois l’Orée
Reçoit les plus beaux rayons parfumés,
Et cache en soi les plaisirs ensommeillés
Au cœur d’une vaste forêt qui peut tout protéger.

Là, au milieu des bruyères et des bourdaines,
L’âme y construit un monde idéal,
Près du vrai et loin de l’infâme
Où des ruisseaux verts et bleus irriguent la Beauté.

Fée, reine ou déesse, dame
D’un songe, d’une idée, d’un rêve jamais en peine
Ne retiens de cela qu’un lien d’amour
Inscrit dans les limbes où je suis toujours.

Comme toi, je ne suis d’aucun pays, d’aucune loi.
Les lueurs du jour, tièdeurs de la nuit,
Frémissements sous des arbres tremblants
Ne sont que vérités du Monde et de l’Amour
Ici et maintenant.

Pour celle – là, j’écrirai des vers indéfiniment

Te veux toute entière, serai secret comme une pierre.

Pour ne pas taire celui qui jamais ne ment,

Douloureuse autant qu’amoureuse la passion

Ne souffre d’aucun répit et ajoute en nous

Du trouble dans la Raison.

Emmanuel Boujet (25/09/2022)

Cœur amour

Amour manque

Ton amour

Aussi mien

Enlace lentement

Embrasse doucement

Caressant le dos

Bas et haut

Boucles longues de noirs cheveux

Battent les ailes du désir

Doucement, tendrement

Là avec moi

Soumise indolente

Au plaisir, à l’Amour

Lèvres frémissent

Et jamais ne périssent

Désirs en nous toujours

Prêts à en découdre

Mon Amour

Matin jusqu’à la nuit

Réalité évanouie

Plaisirs inouïs

Bonheur retrouvé

Dans musiques et chants

Éclats de rire et de voix

Savons tout de nous

Du futile à l’essentiel

Il pleut des perles de bonheur

Nous n’avons plus peur

La vie est là

Sans fracas

Dans de sacrés beaux draps

Libres partout tout le temps

Sainte semaine

Où tu te fais mienne

Intense et sans repère

Fromage et dessert

Ronde des étoiles

Consentement des plaisirs

Corps et mots compris

Pensées confessions

Chacun donnant le ton

Puissance de notre Amour

Mon cœur mon amour

(23/08/2021)

Douceur


Je prendrai ce train

Atteindre le lointain

Voir les montagnes

La mer la campagne

Qui sait je serai bien

Autre part que dans le rien

C’est ton air qu’il me faut

Pour trouver le repos

Dans ce décor nouveau

C’est tout l’Univers en gros

Déserts de sable

Horizons insondables

J’attends le moment

Car te connaissant

Ta peau, tes cuisses

Me manquent énormément

Le ciel bleu d’avant

Devenu sombre maintenant

Ouvre de possibles espoirs

À ceux qui ne sauraient échoir

Tes yeux doucement se ferment

Les voyant éclatant de rêves

Abandonnés nous volons

Dans un monde sans façon

Je reprendrai la route

Avec ou sans toi sans doute

Je garderai en moi cette douceur

Celle qui ne fait pas peur

(11/03/2021)

Ombres et lumières

La nuit je te cherche

Là où tu n’es pas.

C’est toi pourtant que je vois

À travers les draps rêches.

L’aube à peine arrivée,

Mêlée d’encre noire et bleue

Dessine un corps merveilleux

Sous la voûte étoilée.

Quand le soleil inonde

De ses rayons le monde,

Heureuse est ma peine

Dans ses errances quotidiennes.

Quand des nuages sombres,

Au large, à la pénombre,

Du bateau, TOI à la proue

MOI à la cale, remontent les fous.

Ce matin la mer est lisse

Comme ta peau est tendre.

Je m’y plonge sans attendre,

Caressant l’onde qui plisse.

(3/02/2021)

Chaleur du bas

Partout où j’irai

Je te chercherai.

Dans la lune,

Tes yeux prune.

Et jamais je n’oublierai,

Ne cesserai

De garder en moi

Le son de ta voix,

Le goût de ta peau,

Les couleurs de tes hauts,

La chaleur de tes bas.

Derrière toi je frémis,

Vois ton cul et blêmis

De ne pouvoir le prendre.

Trop de temps à attendre.

Dans l’ombre de la chambre,

Dans le faisceau de lumière

Apparaît soudain ton derrière.

Sais maintenant ma prière.

Ta fente maintenant dégouline,

Les corps se déracinent.

Quelque chose pour toi

Attend un peu plus bas.

Je prends tes seins et les presse

Qu’importe les caresses,

Les pince, les lèche. Les supplie

Enfin de me donner la Vie.

J’implore les dieux

De m’accorder tes yeux,

Dans le temps de l’éclair

Ou celui de la chair.

Tes courbes devant le feu

Révèlent la pleine beauté

Où que tu sois née

Sortons le grand jeu !

Je soulève la robe,

Descend le slip,

Écarte les cuisses

Et me glisse.

Emmanuel Boujet (12/01/2023)

Tout se dénoue

Quand tout s’enchevêtre
Dans les branches de l’hêtre,
La lumière du sous-bois
S’évanouit ainsi.

La lumière du sous-bois
Adoucit l’ombre,
S’évanouit ainsi,
Installe la nuit.

Adoucit l’ombre.
Rayons se dissipent,
Installent la nuit
Des cimes jusqu’aux pieds.

Rayons se dissipent,
Doucement précipitent
Des cimes jusqu’aux pieds
De l’enchevêtrement naît un bois dormant.

Doucement précipitent
Des cimes jusqu’aux pieds
De l’enchevêtrement naît un bois dormant.
Doucement précipitent.

Le jour dans sa fuite
De l’enchevêtrement naît un bois charmant
Sans que l’on entende aucun chant.
Le jour dans sa fuite.

Rayons se dissipent
Sans que l’on entende aucun chant
Quand tout s’enchevêtre.

Quand tout se dénoue
Des cheveux jusqu’aux genoux
Dans la voix et le cou
Libérés les sens de la loi.

Des cheveux jusqu’aux genoux,
Du soir au matin,
Libérés les sens de la loi,
Ne refusant rien.

Du soir au matin,
Les yeux vides mais le coeur plein,
Ne refusant rien
Et reprendre un chemin.

Les yeux vides mais le coeur plein
Sourient les engourdies éprises
Et reprendre le chemin,
Dire « Allez viens ! »

Sourient les engourdies éprises.
Se noue alors dans l’effort
Dire « Allez viens ! »

Les noeuds alors sont autres et bienheureux
Se noue alors dans l’effort
Dans la voix et le cou
Les noeuds alors sont autres et bienheureux.

Quand tout se dénoue.

(19/10/2022)

Ce texte est issu d’un exercice réalisé dans le cadre d’un atelier d’écriture avec Céline Bourgouin (« sur le bout de la plume »)

Le meilleur à prendre

Attendre sans espérer,

Continuer sans regretter,

Aimer sans calculer,

Donner sans se tromper.

Prendre à pleines mains

Les cœurs vivants

Qui se tendent bien

Et font les soleils levants.

Entendre des adagios

Et donner les sanglots

Ivres de sentiments,

Soins des tourments.

Crever l’abcès

Au cœur même,

Souffrant sans excès,

De celui qui aime.

Au fond de l’âme

Gît un esprit fendu

Perdu et reclus,

Comme un damne.

Qui n’existe encore

Que par un corps

Blessé, usé, désespéré

Qui veut meilleur sort.

Heureux je reste

Car, ici, avec envie

Je prends le meilleur

Des soucis dont tu fais parti.

je demeure ce serviteur

D’une idée d’ampleur.

Celle d’un amant transi

Attendant le moment.

Emmanuel Boujet (13/10/2022)

Idée d’Eternité

Choisir la peur,

Ignorer la leur.

Prendre le risque

Sanguin, le peu

Du parchemin,

La prophétie du cœur,

La trouvaille du lendemain.

Donner le ton,

Jeter le jeton,

Rejeter le rejeton.

Suivre la pâleur

De ce qui n’a pas d’odeur.

Revenir toujours sur toi

Comme vers un au-delà.

Retenir ses larmes

D’un bonheur sans armes.

Demain, je partirai

L’esprit heureux

Oubliant ta voix,

Délaissant tes yeux.

Vivante en moi,

Abandonnant en toi

Tout espoir d’amant,

Perdu dans les comment(s).

Humant sur la dune,

Les longs cheveux

Éloignent la brume

Enchantée de l’Océan.

Les mains liées

Autant que les baisers

Donnent idée

De l’Éternité.

Je veux te fuir,

Même te bannir

Et, pourtant, j’aimerais

Doucement te ravir

Pour t’épargner de souffrir.

Puis, bercé par ton chant,

Pouvoir m’endormir

En rêvant

Te caressant

En de sublimes instants.

Oubliant le passé

Et le présent,

Découragé du temps.

Emmanuel Boujet (12/10/2022)

Tomber dans le sommeil


Tomber dans le sommeil », c’est accepter en quelque sorte de mourir. De se laisser glisser volontairement dans l’inconnu, le noir et le silence de la nuit.
De livrer un corps chaud et agité dans une mer froide, voire glacée, mais qui doit s’envelopper de sérénité et de douceur. Enfant ou même adolescent, l’endormissement peut-être un très gros problème car, selon sa qualité, il influe beaucoup sur la construction d’un être en équilibre.

Les parents jouent ainsi un grand rôle dans cette réussite car ils créent les conditions d’un sommeil réparateur pour leurs enfants. Des paroles toujours bienveillantes, des lectures d’histoires ou de contes, des caresses (peut-on parler de massages ?), tout ce qui peut apaiser, sécuriser, entourer…

« Tomber dans le sommeil », oui il s’agit bien de tomber et cette expression peut apparaître très brutale au premier abord. Pour que cette chute soit plus douce, il est impératif de rassurer l’enfant et mettre en paroles, en gestes et en images tout un ensemble de symboles positifs et accessibles qui l’aideront à vouloir lâcher prise, « se jeter » dans le vide.

Ne pas avoir peur de partir « au-delà » et non pas « dans l’au-delà ». Par delà la conscience du « ici et maintenant ». Comme le suicidé qui décide de se jeter dans le vide. Que pense t-il lui, à ce moment-là, pour se rassurer ? Pense t-il que cette nuit sera utile, réparatrice, qu’il trouvera « après » un corps ragaillardi, neuf, un monde meilleur, ayant ainsi fait « reset » sur sa vie ( sur cette journée) et que ce lendemain sera plus serein, moins éprouvant, insupportable ? Le sommeil que le suicidé s’impose est définitif (jusqu’à preuve du contraire). C’est une plongée sans retour, sans possibilité de réveil.

Plonger ou tomber dans le sommeil est doux par essence et par nature. C’est l’acceptation d’une confiance mutuelle, celle que vos parents vous donnent et transmettent et celle que vous êtes capable d’accepter en retour. Un monde bienveillant s’ouvre et vous rassure car vous y croyez dur comme fer. Enfant, c’est avoir des parents présents, rassurants où ce plongeon est un abandon à l’amour et surtout à la croyance de l’amour. Le lendemain, c’est un lever dans la lumière du matin et le soleil, la beauté des choses que vous contemplez et goûtez chaque jour qui passe encore davantage.

Adulte, c’est une place dans la vie, le désir de continuer, persévérer, d’aimer, de s’affirmer.

(10/09/2022)

Miroir virtuel

Ô, mon beau miroir !

Qui feint de laisser croire

Que le monde sans toi

Le laisse sans roi.

Mais, plus de place pour la glace.

Illusoires écrans la remplacent.

Ne sont que pixels infidèles,

Jetés au vent, sans gain de miel.

Ton image, ton corps, ton âme

S’abandonnent au diable.

Les yeux ne jouent plus le jeu

De l’aveu vrai de l’éternel amoureux.

Seul, tu glorifies tes exploits,

Tes habits, tes avis, tes secrets.

Mais rien de tout cela n’est vrai.

Ne sont que chimères que tu préfères.

Tu griffonnes ce que le virtuel te donne.

Inutile effort que rien ne pardonne.

Et, dans cette addiction de pacotille,

Tu oublies la vérité qui brille.

Le soleil, le vent, la pluie,

Sûr que tu les apprécies.

Les peaux, les odeurs, les voix

Et l’amour encore, y as-tu mis une croix ?

Tout le monde peut t’aimer ainsi

Dans ce faux-semblant qui luit.

Tout le monde aussi peut te haïr.

Et sans problème te le dire.

Et, comme on jette une bouteille à la mer,

Dans cette image surfaite, tu espères.

Mais pour quoi, pour qui, sans doute pour toi,

Comme si, aujourd’hui, tu n’avais plus le choix.

C’est donc un objet que tu voudrais être ?

Dans un marché où ne subsiste que le paraître ?

Mais à vendre du vent

On n’ amène que des tourments.

Prends la vie à bras le corps

Pour remettre d’authentiques accords.

Mets du cœur et affleure

L’autre comme une fleur.

(20/08/2022)

Marche du matin

Marchant au matin orageux,
Pas à pas en équilibre,
Ne cherchant aucune cible,
Évitant si possible l’horrible.

Gris le ciel, fraîche la pluie,
Dans l’esprit tout s’évanouit.
Asséchée par le cruel été,
La vie renaît sous mes pieds.

Un bleu toujours sur la peau,
Je veux tout oublier,
Même sur ce chemin souillé.
L’air et le vent frais ne sont pas des héros.

Personne ne sait,
Personne n’est prêt.
Souffrir est le lot
De toute l’humanité en gros.

Je suis en panne de lucidité
Tel un pyromane en manque d’idée.
Moi, le feu que j’attends
Est ce parfum d’amour violent.

Dans ton lit ou dans le mien
La nuit toujours je retiens.
Idéale femme fatale
Donnera la dose létale.

(15/08/2022)

Poème du soir

Je ne vois pas de noir.
Un bleu profond
Mêlé de gris et de vert
Fait mon univers.

J’attends le crépitement
Des éclairs et de la foudre
Pour à nouveau me dissoudre
Dans un grand emballement.

Le feu m’habite.
Jamais ne me quitte.
Pas d’issue pour moi
Dans le pourquoi.

Tous se fourvoient
Pour quoique ce soit.
Oublient la vie
Qui nous définit.

Je veux retrouver
Le vrai de la nature,
Saisons conformes
Qui font de nous des hommes.

Ne cherche pas un idéal
Comme un retour de flamme.
Seulement retrouver l’avant
D’un monde en dedans.

Je dis « mon amour »
À celle que j’aime.
Que peut le ciel
Si personne ne l’appelle.

La tristesse de cette vie
Nous rend tout rabougris.
Creux, peureux, hideux
Voilà les « gens de peu » !

Pourtant, nous avons les dents,
La hargne que personne ne décharne,
Nous avons la voix des choses
Que tout le monde proposent.

Je t’enlace
Et rien ne remplace
Cet amour qui fait place,
Qui ne laisse pas de glace.

(9/08/2022)

Poème de la pluie

L’orage ce soir

Donne espoir,

Donne à mon cœur

Un peu moins de peur.

Un éclat de lumière,

Éblouissant l’éther.

Un tonnerre de flamme

Résonnant en mon âme.

L’humilité naissante

Au centre de la tourmente.

Suis irradié par ce feu orageux

Et qu’importe si je ne peux

De ma gloire annoncer le trop peu.

C’est toi si Dieu le veut

Cette fée qui éteindra le brasier.

Me sens animal,

Capable d’éteindre cette flamme.

Lier ensemble nos deux âmes

Sans le moindre mal.

Jamais, à moins que le ciel

Se déchire dans les feux du désir,

Ton visage ne me quittera

Et tes lèvres, loin de moi.

Avide de tes seins, de tes mains,

Ne peux jamais être saint.

Dans ta couche près de toi

Laisse-moi être moi.

Apporte-moi l’ivresse

De la tendresse, et,

Dans ton jardin

Montre-moi un chemin.

Fou je deviens si

Demain est pareil

Sans toi sans merveilles

Orphelin d’un amour conquis.

Et que tombe la pluie

Sur nos peaux transies

Et que danse le vent

Tourbillonnant, tourbillonnant,

Si fragiles sous l’orage.

Mais sommes-nous assez sages

Nous, nous penserons forts

Au-delà des cœurs et des corps.

Emilie & Emmanuel (5/08/2022)