Fille d’or

Belle fille

De métal précieux

Fait de ton corps

Une étoile dans les cieux

Tous mes sens vibrent

A ton évocation

Je ne suis donc plus libre

Envoûté par la passion

Sous les planètes alignées

Protégeant les soubresauts du coeur

Par cet or suis foudroyé

Jours et nuits ne font plus peur

De ciels d’été de soirs en soirs

Devenons êtres blancs et noirs

Tels astres et comètes

Suivent inlassables leur trajectoire

Ainsi la chair faible est forte

En revenant sur terre

Tout est plus clair

Je ne résiste à rien de la sorte

Rappelle toi ces étreintes

Lors de ces nuits blanches

Tu m’y a laissé ton empreinte

Vers elle mon coeur se mire et penche

Passionnément, inlassablement, irrésistiblement.

(14/07/2020)

Libre tu es

Tout seul

Sans personne

Je parle tout seul

Personne ne me répond

Les réponses pourtant nombreuses

Je parle à mon chat

Lui ne connaît que moi

Il sait, me répond car il sait

Ce qui est bon pour lui donc pour moi

Aujourd’hui sans lui je vis

Car je sais qu ‘on se retrouvera

Évidemment être chat est facile

Sans travail, sans obligation

Il a ses raisons qui sont devenues les miennes

Quel bonheur que ne compter que sur  soi

Dans la jungle de la vie

Proie tu es,  libre tu deviendras.

(27/06/2020)

La Ciotat

Je ne peux pas oublier La Ciotat

Cette cité « marseillaise » ne vous quitte pas

Car les pérégrinations de vos pas ne trompent pas

Ils vous emmènent ici et là dans un rythme lent et plat

Des rues étroites, des humeurs droites, le sentiment

Que la mer est là, c’est elle qui fait loi

Jadis cité ouvrière, ne veut pas retomber dans la misère

Elle a tout fait pour refaire et plaire dans un climat clair

Comme les bleus qui éclairent, calment et rassemblent

Bleu du ciel et de la mer, bleu des yeux tous ouverts

Bien sûr une rue s’appelle Adolphe Abeille et l’on entretient les bateaux de milliardaires

Mais rien ne peut empêcher cette vie heureuse de rêver

Rêver à des jours meilleurs dont l’issue ne fait pas peur

On va me dire toi tu es riche, ce bleu tu l’achète

Alors que d’autres n’y accèdent pas

Mais cette couleur bienheureuse est une chance

Les couleurs du temps ne s’achètent pas.

(21/06/2020)

Retrouvailles

 

Edwige, ton corps me chavire

Dans tes éclats de rire

Mes bras mes mains

Appellent les tiens

 

De tes courbes divines

Je veux faire un bien

Je ne veux pas te décevoir

Dans ce corps où tout peut déchoir

 

Nos bouches se joignent

Nos peaux s’empoignent

Nous sommes ailleurs

Nous n’avons pas peur

 

Cette nuit sera merveilleuse

Qu’elle soit rêveuse

Nos corps tremblants transis

Nous feront passer

 

La plus belle des nuits

 

(6/05/2020)

 

Se bâtir une philosophie (chap.7)

Toutes les cartes sont rebattues. Mon projet d’expérimentation philosophique aussi. Mais cette crise du Covid-19 nous force à la réflexion. Plus que jamais. Prenons garde toutefois à ne pas prendre tout ce qui est dit –  notamment dans les médias (y compris les réseaux sociaux) –  pour argent comptant. Ces paroles abondantes, omniprésentes, contradictoires ajoutent encore de la peur pour une maladie dont les conséquences s’avèrent être plus graves encore que la pathologie elle-même. La France, le monde se rend compte que des maladies inconnues pouvaient encore toucher l’homme.

 « Se bâtir une philosophie face à la pandémie » pourrait être le 7ème chapitre de cet essai à épisodes. Tant de choses à dire là-dessus. On ne peut pas tout dire, tout expliquer, tout encaisser, tout digérer. Le meilleur moyen de traverser cette « tempête » sans dommage est bien de se concentrer sur des objectifs précis, limités qui sont « dans nos cordes » et nous apportent une certaine satisfaction. Du plaisir pour ainsi dire, dans la douleur de cet environnement confiné, empêché, cause de frustrations diverses. Dans l’action, pour aider, échanger, faire, créer, jouer… et dire à bon escient. Apprendre à se taire. Si cette situation peut engendrer plus de vertu aux hommes, elle ne peut qu’être bénéfique.

Beaucoup déjà pensent au « monde d’après ». Ce serait si simple de dire : « Voyez, nous avions raison de critiquer cette organisation mondialisée, cette gestion marchande de la santé, l’inhumanité d’un monde relié par des intérêts économiques mais insensible aux conditions sociales, environnementales, politiques des pays avec qui nous échangeons. Davantage préoccupé par nos propres intérêts, pourvus que NOS concitoyens bénéficient du confort maximal. » Évidemment que cela est vrai. Mais l’après sera plus compliqué. On ne change pas de société comme ça par un claquement de doigts, même si l’évidence du propos nous met au pied du mur !

Dans six mois peut-être, tout sera oublié et le monde d’avant continuera. Il se peut alors qu’on sourit et qu’on plaisante à l’ambiance de folie collective qui nous a envahis alors. Alors que cela n’en valait vraiment pas la peine. Je ne minimise pas cette crise dont certains comparent à celle de 1929. Nous sommes pourtant trop dans l’instant, l’immédiateté, l’émotion sans savoir vraiment ce que les historiens pourraient en déduire a posteriori, analyser de façon objective ce que fut cette période.

Une pandémie au 21ème siècle est-elle plus grave qu’une grippe « espagnole », du choléra ou de la peste qui ravagèrent au moyen-âge la moitié de l’Europe ? Attribuer ce Coronavirus à la mondialisation ou au capitalisme est un peu court. Il ne peut à lui seul justifier d’un changement radical, d’autant que les gens n’y sont pas prêts, même si cela leur permet de retrouver les bonnes valeurs de l’entraide, du sacrifice, du lien social. Entre toutes les « classes » sociales car toutes sont touchées.

Faut-il ce moment de « terreur » qu’il soit à ce point déclencheur d’une prise de conscience pour que les gens, gouvernants compris, se rendent compte de l’absurdité du monde que nous acceptons depuis des décennies ?

Mon propos dans cet essai était de dire que c’est bien la nature qui fait loi. Pour survivre, je me réfère qu’à elle. C’est elle qui me guide. Car elle est vérité. Elle est sens du monde. Elle est ordonnancement du monde. Les virus sont des êtres vivants comme vous et moi. Ils ont autant le droit que nous d’exister et de prospérer.

Cette pandémie, outre les prédictions alarmistes et mortifères que des prédicateurs, gourous politiques, religieux ou sectaires veulent tirer avantage, nous permet de prendre une grande respiration d’air pur, de redécouvrir le silence, d’observer la nature qui se déploie tout d’un coup sans être contraint de quoi que ce soit. Cela passera, comme d’autres pandémies sont passées. Mais d’autres catastrophes arriveront. C’est un signe, un signal que nous devons prendre en compte. Qui nous invite à plus d’humilité face à la complexité, la diversité, au mystère d’un monde que nous admirons mais que nous tuons depuis longtemps sans nous en rendre compte.

(30/04/2020)

Chaud et froid

 

Air chaud étouffe et triche

Herbes hautes en friche

Écho éteint et lâche

Perdu la vie et fâche

 

Etouffé en soi sans toit

Murés comme des rats

Isolés comme personne

Attendant le glas qui sonne

 

Par terre nos pas

En l’air nos voix

Mais pas de prière

Car plus de lumière

 

Gâché ce temps privé

Vie et sens humiliés

Inhibés nos actes

Suspendu le pacte

 

Nul ne sait la suite

De ce monde en fuite

De cet amour ensuite

 

(22/04/2020)

Se bâtir une philosophie (chap. 6)

Bien des choses ont changé depuis le dernier article. Les propos évoqués sonnaient comme une alerte. Puisque l’idée était de savoir pourquoi le monde ne tournait plus rond. Force est de constater qu’il s’est emballé et le 20ème siècle le montre à tous les niveaux. L’Homme cupide a continué à piller les ressources, polluer les sols, l’atmosphère et, par conséquent, les êtres vivants aussi. Cette société des hommes corrompue, avide et brutale a entraîné les pires guerres, massacres sans que rien ne change – mais pire, s’aggrave – durant des décennies.

Pour revenir à mes moutons, l’idée de départ était de comprendre, à partir d’une expérience personnelle, comment pouvoir résister à une ou des situations qui vous accablent, vous condamnent au repli et à l’oubli où tout abandonner est le meilleur des choix à faire. Cette réflexion intime, construite autour de créations artistiques (poésies, nouvelles…), d’intuitions et finalement de convictions, prenait sa source dans ce que l’homme peut ou ne peut pas. Dans sa capacité à s’élever, à « reprendre  conscience » et donc confiance. Dans ses possibilités d’agir et de CHANGER. Se changer lui-même mais aussi influencer et changer autour de lui. Et, idéalement, à l’échelle d’une communauté humaine.

Depuis 15 jours, nous vivons en France mais aussi partout dans le monde une crise majeure (rappelons que les épidémies et pandémies ont toujours existé, elles furent – jusqu’à maintenant – pires, nous l’aurions sans doute oublié ? ) qui menace nos vies et bouscule nos habitudes. Provenant d’animaux, parti d’une région de Chine, un virus inconnu jusqu’alors mais très contaminant et surtout mortel, le Coronavirus – ou « Covid-19 – se répand depuis plus de quatre mois à travers la planète et a provoqué la mort de plus de 30 000 personnes. En France, on comptabilise des milliers de morts. L’épidémie est si forte que les hôpitaux et services de santé sont saturés et peinent à trouver des lits de réanimation pour les cas les plus graves. Aucun vaccin, aucun remède, aucun protocole médical fiable n’a encore été trouvé. Les populations les plus fragiles, les plus vulnérables (personnes âgées, malades… ) sont les plus touchées. Ce sont vos propres défenses immunitaires, votre seule capacité à vous défendre qui vous sauve…

Au – delà de ces conséquences sanitaires dramatiques, les autorités de tous les pays du monde ont dû prendre des mesures radicales de confinement pour empêcher la propagation de la maladie. Tout le monde doit rester chez soi et les sorties (une seule par jour, pas plus d’une heure et ne dépassant pas un rayon d’un kilomètre) strictement règlementées sous peine de lourdes amendes voire de prison ferme en cas de récidives.

Tout le monde ne parle que de ça. Ce danger permanent, invisible crée de l’anxiété, de l’angoisse. Le confinement enlève (et cela pourrait durer encore de nombreuses semaines) cette Liberté fondamentale de circuler partout librement. Il crée de l’inactivité pour beaucoup, pour les personnes mais aussi pour l’économie qui est au ralenti. Les écoles fermées, de la maternelle jusqu’aux universités, les magasins non alimentaires également. Tout cela entraîne du chômage « technique », partiel et des fermetures d’entreprises, de sociétés collectives et individuelles.

Mais, pour d’autres qui sont dans des secteurs indispensables à la continuité, je dirais même à la survie de la population (santé, médias, services publics de l’eau, de l’énergie et de traitement des déchets, sécurité, transports, production et distribution de biens alimentaires… ), il n’est pas question de « quitter le navire », même si une bonne partie de ces salariés ont été contraints de se mettre en arrêt maladie, notamment parce qu’ils ont été atteints par le Coronavirus. Ces personnes courageuses car en première ligne, au contact qu’ils sont des malades, des clients et du public, sont plébiscités par l’opinion. Tant sur les réseaux sociaux qu’à travers les témoignages de soutien qui leur sont apportés symboliquement (les appels aux dons se multiplient également) tous les soirs à 20 h (à cette heure précise, les gens se mettent à leurs fenêtres et applaudissent).

(2/04/2020)

Se bâtir une philosophie (Chap. 5)

Depuis le dernier chapitre, j’évoquais le plaisir de remplir de longues soirées d’hiver. De pensées, d’idées, d’interprétations possibles sur le sujet qui nous intéresse. Cet hiver a fait long feu ou a fait Pschitt, puisque depuis le 21 novembre, cette saison supposée froide voire glaciale ne s’est véritablement jamais installée. Et depuis quelques semaines, la douceur domine… Nous voilà donc peut-être déjà au printemps ! Trois mois après ce 4ème chapitre, l’idée de soirées – tricot s’est avérée anachronique et très décalée.

Mais la pensée, elle, a continué son chemin. Et, même si rien n’a été écrit, beaucoup de choses se sont construites. Autour de ce sujet, autour de la question sociale et politique, ce fil tiré où des compréhensions, intuitions, convictions apparaissent au regard d’événements intérieurs et extérieurs.

Justement, cette volonté de reprendre l’idée saugrenue (à l’époque, pas pour des contemporains éclairés), à travers ses deux discours (« Discours sur les Sciences et les Arts » et « Discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes »), le philosophe voulant repartir des bases de l’humain, apporte un éclairage sur cette perte d’échelle (nous ne sommes plus « au niveau », plus « raccord ») que nous connaissons actuellement.

Entre l’époque des philosophes des Lumières et la nôtre évidemment un fossé. Pourtant deux siècles « seulement ». Jean- Jacques Rousseau revient bien en arrière dans le temps, dans le temps des Anciens dans l’Antiquité, berceau de la Démocratie : « Les Anciens politiques parlent sans cesse de mœurs et de vertu. Les nôtres ne parlent que de commerce et d’argent… Que nos politiques daignent suspendre leurs calculs pour réfléchir à ces exemples, et qu’ils apprennent UNE FOIS qu’on a tout avec de l’argent, hormis des mœurs et des citoyens « .

Il faut croire que le monde s’est emballé depuis. Et nous en subissons brutalement les conséquences aujourd’hui. Il y a cette idée que l’idéal démocratique et le contrat social proposé par JJ Rousseau n’est plus possible. Mais elle est à réinventer. Il y a deux siècles, les précurseurs du progrès, des Sciences et des Libertés, n’avaient sans doute pas idée du monde actuel.

Certes, le terme « écologie » est relativement ancien. L’allemand Ernst Haeckel l’a défini en 1866. Scientifique, naturaliste mais aussi philosophe et théoricien politique, il appartient au courant moniste. Le monisme dit en substance que tout est lié et relié, qu’il n’y a pas de séparation entre les choses matérielles, le corps et l’esprit, la conscience. Pas de dualité. Son concept était de bâtir une société basée sur l’écologie. Une écologie théorisée, élevée comme Pierre angulaire d’une société harmonieuse, respectueuse de l’environnement (terme mal choisi car l’homme en fait partie intrinsèquement), mais demeurée une science, nouvelle certes, mais à l’égal des autres.

On peut regretter que cette Science finalement essentielle n’ait pas eu meilleur sort tout au long du 20ème siècle…

(17/02/2020)

Chat ingrat

Le chat là

De souris y en a pas

Depuis qu’il est là.

Mais toi chat ingrat

Caressant une fois

Menaçant trois.

Ta mère

Tu ne la connais pas

Orphelin et perdu.

Recueilli à l’automne

Adopté, choyé, guéri

Châton si mignon.

Tu vivais sans éducation

Sans patte douce

Sauvage dans tes actions.

Cherchant quelqu’endroit de roi

Surgissant soudain de ton coin

Virevoltant, abîmant et griffant

Pourtant quand on te voit

Si charmant, si marrant

Jouer et rêver sereinement,

Tu combles celui

Qui t’a recueilli

Pour rompre son ennui

Pas à pas tu reconstruis sa vie

Sous ta robe souffle un sang chaud

Dans tes yeux brillent des prunelles bleues.

(13/02/2020)

Départ rêvé

Jamais je ne reviendrai.

Dans ce pays, dans cette vie.

Dans ces moments défaits.


Avancer, ne jamais se retourner.

Garder le corps altier.

Ne pas renoncer mais gagner.


Gagner de joyeuses plaines

Où les batailles sont vaines

Et les victoires prochaines.


Femmes, hommes, enfants nous y attendent

Au milieu des vallées fertiles

Creusant les sillons d’un avenir utile.



(5/02/2020)