Ombres et lumières

La nuit je te cherche

Là où tu n’es pas.

C’est toi pourtant que je vois

À travers les draps rêches.

L’aube à peine arrivée,

Mêlée d’encre noire et bleue

Dessine un corps merveilleux

Sous la voûte étoilée.

Quand le soleil inonde

De ses rayons le monde,

Heureuse est ma peine

Dans ses errances quotidiennes.

Quand des nuages sombres,

Au large, à la pénombre,

Du bateau, TOI à la proue

MOI à la cale, remontent les fous.

Ce matin la mer est lisse

Comme ta peau est tendre.

Je m’y plonge sans attendre,

Caressant l’onde qui plisse.

(3/02/2021)

Se bâtir une philosophie (chap. 10)

À vouloir jouer les philosophes, je crois que je le suis devenu. Non pas un philosophe reconnu, publié, suivi. On verra ça plus tard. Mais un philosophe dans ma manière de penser et donc de vivre. Un philosophe à l’ancienne, type Socrate. Ces textes, réflexions tirés de l’expérience et aidés par les philosophes et leurs concepts semblent pourtant intéresser.

C’est drôle comment l’écriture nous ouvre des champs, des horizons infinis de questionnements, de paradoxes, d’intuitions, de mouvements pourtant très logiques de la pensée. Un ressenti, une inspiration, une idée, des souvenirs surgissent et la réflexion se déploie presque naturellement dans l’écrit, sous réserve que l’on puisse traduire la pensée en mots. Et qu’on ait suffisamment de force et de volonté pour le faire.

La situation actuelle – la crise sanitaire du Covid 19 qui « fêtera » bientôt ses un an – ne m’a pas encouragé à écrire. Coupé dans l’élan créatif et philosophique car il n’y a rien de bon dans ce moment qui puisse nous inspirer. Rien de joyeux, ni de beau. Les sourires des gens, des passants ont disparu et filent tête basse rapidement et furtivement, affublés d’un masque qui rend un peu plus sinistre ce décor. Dans les cas des confinements, des reconfinements, des couvre-feux, tout s’arrête autour de nous. Et donc vous aussi.

Le temps se fige, suspendu. Les termes « choqué », « sidéré », « peur », « perdu », « génération sacrifiée », « réanimation », « xxx morts en 24h », etc… donnent le tournis et le « bourdon ». Voire la dépression. Chacun se débrouille comme il peut avec ce qu’il a. Les plus vulnérables trinquent qu’ils soient fragiles socialement ou moralement.

En fait, ceux qui réussissent à faire face sont dans l’action. Tous ces professionnels qui sont empêchés de travailler, étant considérés comme acteurs d’activités « non essentielles » ont beaucoup souffert. Et souffrent encore aujourd’hui. Les travailleurs des premières lignes, à part les soignants qui ont été confrontés aux difficultés de saturation des places de lits de réanimation – et confrontés à la mort – n’ont pas eu trop à gamberger, ayant « le nez dans le guidon ». Portés socialement par leur employeurs, corporations et syndicats, solidaires entre eux.

Le plus compliqué est pour la famille et les enfants. Cette crise a accentué l’interdépendance à l’intérieur des cercles familiaux, vivant dans des huis clos pesants, entraînant parfois des violences conjugales et intra familiales.

Je me rends compte de cette chance (?) d’être seul, ou en tout cas, de n’être pas en famille, avec une femme et des jeunes enfants. Je comprends que cela peut être très difficile à vivre, pour des tas de raisons (télétravail, enfants sans école auxquels il est important de poursuivre l’éducation à la maison, activités sportives, culturelles, associatives, sociales empêchées…). Par contre, comment bouger pour ne pas penser, au risque de penser mal ? S’occuper pour ne pas tomber dans des pensées tristes, pallier l’impossibilité partielle ou totale des sorties. Et, subir le flot d’informations morbides, contradictoires, polémiques des réseaux d’information.

Écrire est un mouvement de la pensée. Mais il n’est pas assez naturel, automatique comme le sport, le chant, la musique, la danse ou même les arts graphiques. L’écriture et la lecture demandent un niveau de concentration important qui n’est pas aisé dans l’ambiance de la Covid-19. Les réseaux sociaux que j’aime critiquer ont pourtant bien servi pour rompre cet isolement et ces contraintes. Beaucoup d’artistes ne pouvant pas se produire en concerts ont investis Facebook, Tweeter, Instagram pour y retrouver leur public.

Beaucoup ont été créatifs et découvert des talents cachés.

La réflexion de départ de cette série d’articles était d’abord d’essayer de mettre par écrit ce que la vie, la lecture, donnent comme richesse à la réflexion philosophique, et je dirais plutôt à une philosophie DE VIE. « Philosopher, c’est apprendre à mourir » disait Montaigne. Mais avant de mourir (et le plus tard possible !), c’est apprendre à vivre. En ces temps troublés, cela s’avère très utile.

(14/01/2021)

Perdre et trouver

Je me perds souvent

Je me perds tout le temps

Retrouvant pourtant

Souvent le vent

Me portant dans l’allant

Jamais perdu

Tournant en rond

Comme dans le lit

Aussi en esprit

Ta voix ton corps retrouvent

Mon être entier qui couve

Je serai cendre

Pour t’attendre

Je serai nuage

Avant l’orage

Bleu avant le gris

Arc en ciel

Avant le ciel

Le corps encore

Puise plus fort

Dans l’effort

Mais jamais n’a tort

(01/01/2021)

Sens de la vie

Rien qu’un manque

Alors que tout est là,

Malgré le fracas.

Le temps est un tank

Écrasant inexorablement

Nos rêves d’antan

Nous privant d’apesanteur.

Sur ou dans la terre, jamais dans l’air.

Cœur morne, œil borgne, vidés, aspirés,

Pensées moites occupées

Par des positions arrières.

Contre moi-même, envie de fer.

Ciel ouvert nous console

Mais rien ne résonne.

Les pensées s’envolent

Au paradis des Hommes.

Sous la voûte céleste,

Ciel étoilé, blanche

Lune brillante

Et chants des grillons, vers luisants

Colorent les sons,

Subliment les sens

D’ un pays sans nom

Qui n’a plus d’essence.

(27/11/2020)

Intime étrangère

Nous ne nous sommes jamais vus

Tous deux nus et reclus

Pourtant attendant l’instant fébrile

De réunir deux corps en péril.

J’entends cette voix mignonne

Ronde comme une pomme

Me réciter les vibrations du coeur

Celles des peines, ma muse, ma sœur.

L’hiver pointe le bout de son nez

D’innombrables oiseaux piégés

Réclament notre pitié et souvent

S’envolent au firmament.

Que serais-je sans toi dans l’horizon

Blême de jeux sans passion ?

Nos aîles encore solides prêtes

A reconquérir Liberté et fêtes ?

Dans cette parenthèse inenchantée

Nous restent que mots, paroles, choses rêvées.

Les sourires, baisers viendront plus tard

Laissons douloureusement faire le hasard.

Tard mais sûrement nous prendrons la part,

Promise d’un nouveau départ.

Car je regarde autour de moi, la Nature me sourit.

Elle n’attend que nous sur le chemin de la Vie.

(21/11/2O20)

Douleur d’aimer

Coeur serré

Pieds usés

Yeux vides

Joues humides.

Oublier le souvenir

De ces baisers

Qui ne m’ont pas quitté

M’empêchera de mourir.

Je fonds devant toi

Tout en moi se dilate.

Remisées les cartes

Rien n’est plus qu’émois.

Je ne vois que des bouts de toi.

Chacun est un pic me traversant

Brûlant autant que glaçant.

Perdu en moi les bras en croix.

Douleur, je te garde jalousement.

Emmène-moi mort ou vif

Dans les déserts du temps,

Garde – moi entre tes griffes.

Pourtant jamais plus heureux

Que moi aujourd’hui.

Dans cette folie, je vis.

L’amour est là, radieux.

L’errance est mon royaume

Entouré de fantômes.

Ma vie est un rêve

Où règnent mille reines.

Chacune est un mystère aîlé

D’où surgissent de multiples manières.

Je ne peux les empêcher d’aimer

L’amour est sans barrière.

(27/07/2020)

Esmeralda

Tu ressembles à une bête

Tes instincts s’apprêtent

Quand le jour descend

Et fou l’amour tu rends

Le festin de nuit fini

Éteintes toutes les bougies

Les reflets vert jaune du jour

Nous enveloppent autour

Je te vois sorcière, créatrice de feux

Qui éclairent l’obscur odieux,

Crépitements du tout, jamais

N’empêchent que je renaisse.

Tes yeux alors m’irradient

Tout alors n’a pas été dit

Brûlé, je sens naître la fusion

De deux êtres à l’unisson.

(23/9/2020)

Poésies d’Elvire

Des silences en éclats de verre confus,

Fêlent les airs pour en lacérer les nues,

Là ! Où se tenait jadis l’attente pendue,

S’effondre dès lors, l’amour vaincu.

(23/08/2020)

Le coeur, sépulcre des affres du passé,

Pleure, des aubes jusqu’aux vesprées,

Et la nuit, mère consolatrice, asile d’espoir,

L’enveloppe tendrement, de son drap noir.

(24/08/2020)

Elvire Volte

Dernière chance

J’en crève de ton absence

Un jour je mourrai de toi

Tu es ma dernière danse

Mon ultime combat

Chance d’être encore là

Malgré tes inconséquences

Tout me ramène à toi

Pardonne – moi si je te tance

Cœur vide et plein à la fois

N’abandonnera pas

Tout est beau autour de moi

Et je porte ma croix

Nous ne sommes rien

Mais nous avons TOUT

Le ciel, les baisers de satin

De l’amour des fous

Mes yeux mouillés t’implorent

Avant la Mort

Choisis ton Roi

Je ne peux vivre sans toi.

(22/08/2020)

Les feux de l’amour

D’où vient ce désir naissant,

Quand, dans les mots brûlants,

Montent la fièvre des cœurs impatients ?

Sève indolente s’écoule,

Encre tenace prise dans la glace,

Tout se tient, rien ne s’écroule.

Gravé dans le marbre, rien ne s’efface.

Portée au pinacle, la Poésie

Met nos corps au pilori.

Rassasiés de phrases et d’images

Fait l’effet après d’un mirage.

Le brasier turgescent attend,

Sous-jacent, réclamant

De fondre dans l’instant

Pour libérer les pénitents.

(21/08/2020)