Envie d’ailleurs

Nuages immaculés au-dessus des étroites rues,

Brises fraîches et légères qui les accompagnent,

Bleu profond du ciel et or étincelant du soleil

Je marche en m’engouffrant dans ce décor.

 

Et une douce chaleur envahit ma peau ;

Respirant profondément cet instant,

Humant les sons, les couleurs et les odeurs du quartier qui s’éveille,

Noyant dans mes sens tout ce qui m’apparaît.

 

J’imagine dans une autre ville,

Au même instant un décor différent ;

Des hommes, des voitures, des immeubles aussi

Mais une chaleur plus étouffante, écrasante.

 

Un sol mélange d’ocre, de pierres et de briques fendues

Où les peaux déjà sombres se protègent des rayons solaires.

Des marchés colorés bruyants

Et toi devant me souriant.

 

(18/04/2019)

La Nature est tout

La Nature est tout

Elle m’aide à être

Si je meurs

Je meurs

Je connais la Mort

Comme la Vie

J’en fais partie

Les deux sont Un

Je veux aimer

Pourtant tout le temps

C’est le plus important

Aimer à mourir

Car jamais l’amour ne trépasse

Il traverse l’infini

Mille étoiles le subliment

A travers le Cosmos

Cette pensée m’apaise

Et m’aide à réaliser

Que je ne suis rien et tout à la fois

Pour ne pas avoir peur

Jamais je ne changerai

Cet état est en moi

Si je dois mourir

Je mourrai et puis voilà

(6/03/2019)

Renaître

J’étais heureux avant toi aussi

J’avais mille projets rien qu’ici

Optimiste et confiant je restais, amoureux j’étais

Pour cela je n’aurais pas pris d’autres biais

 

Les enfants je les voyais et me rassuraient

Heureux aussi dans le tourbillon de la vie

Entourés des leurs, jamais insatisfaits

Portant leur jeunesse vers des chemins inconnus et joyeux

 

Pas de nuages dans cet équilibre parfait

Le soleil toujours après la pluie

Un printemps, un été puis l’automne

Un hiver glacial où tout se fige pour renaître à nouveau

 

(12/02/2019)

La fille abandonnée

 

Le bar abandonné lache ses derniers clients

Seule une ombre est encore assise à l’intérieur

Au-dessus flottent des volutes bleues

Julia c’est son nom boit une dernière bière

 

En s’approchant l’on devine un corps bien regroupé

Pressée de l’arranger sur de mille détails

la cigarette nerveusement consumée

La demoiselle remue et s’agite

 

En regardant d’un moment à l’autre

Et suivant un ordre mécanique

Ses chaussures, son smartphone

L’écran accroché au mur

 

Il n’y aura plus de bière servie, ni de télé allumée et bruyante

Ni d’appels, ni même de sms ou de notifications

Elle se lèvera et partira seule toute habillée de noir

 

(13/12/2016)

Recette poétique

Pour que le poème soit bon

Mettez-y de l’envie et du son

De beaux sentiments autant que d’émotion

Des idées ainsi que du ton

 

Les premiers vers ne donneront rien

À moins que la Muse n’apparaisse soudain

Et souffle les bons mots dans nos mains

Un nouveau paysage est là, au bout du chemin

 

Peu importe si l’ensemble est boiteux

Surtout, ne pas abandonner, travailler un peu

Au meilleur de ce que l’on peut

N’est pas Hugo qui veut.

 

(23/08/2018)

 

C’est un beau roman…

L’envie d’écrire un roman arrive un jour ou l’autre pour celui ou celle qui a déjà un peu « tâté » de l’écriture, pour peu qu’il se sente capable de le faire. Mais comment savoir si ce « grand » projet sera à la hauteur, afin d’être retenu par un éditeur ? Car, la finalité de l’écrivain est d’être lu, donc publié.

 

Comme n’importe quel autre métier, l’écrivain est un maillon de la chaîne de la fabrication du livre. Selon l’essayiste et philosophe Roland Barthes, la VRAIE littérature ne peut se concevoir autrement. Pour les autres qui publient en rapport avec leur métier ou sur des thématiques particulières (sciences, sciences humaines, santé, etc…), ils ne sont que des « écrivants » interview Barthes La Littérature . Tout comme le menuisier ou l’instituteur, l’écrivain est un professionnel occupé tout entier à sa tâche. L’œuvre de Marcel Proust (« A la recherche du temps perdu ») est née du constat du narrateur que pour atteindre une liberté pure, il devait se consacrer corps et âme à l’écriture et abandonner les soirées mondaines. L’écrivain donne le plus bel exemple quant à la décision d’écrire La leçon de Marcel Proust selon Roland Barthes

 

À l’époque actuelle, d’autres chemins existent pour être lu. La Littérature avec un grand L que décrit Roland Barthes existe t-elle encore ? Est-elle noyée dans le foisonnement de publications multiformes, autorisées ou non, marchandées ou gratuites, protégées par droits d’auteurs ? Que risque quelqu’un qui publie son roman de 500 pages à partir s’un site d’hébergement gratuit ? Son contenu perd-il pour autant son intérêt littéraire ?

 

Mais ici, l’écrivain perd ce que Barthes appelle ce travail d’artisan et ce métier rémunéré qui fait aussi travailler la filière (imprimeurs, éditeurs, libraires, publicité, promotion-communication) et qui le relie à la société. Au delà de l’importance économique du secteur de l’édition, notre monde formaté, aseptisé et fade a l’obligation de produire de la littérature. Car chaque œuvre littéraire possède cette singularité, du sens, cette vision unique (qu’on pourrait multiplier par le nombre de lecteurs)… Et, quelque part, la réalité de la Vie et certaines vérités se trouvent de ce côté.

 

(8/08/2018)

Bonheur ou malheur

Tout dans ce qu’ils vivent est bonheur

Rien de plus beau de l’existence que la leur

Les sens en émoi chaque jour se déploient

Beauté des choses et de l’Amour ici-bas

 

Le chaos du Monde pourtant est là

Hommes, animaux, végétaux et minéraux

Malades d’un trop plein d’idéaux

Incapables d’imaginer un autre contrat

 

L’homme, animal raisonnable, reste le Maître

Au royaume des profits et du mépris

Que faire, sinon prier, ou mieux s’indigner

L’issue est dans chacun de nous

 

(20/07/2018)

Vendredi 13

Aujourd’hui vendredi 13, l’occasion de parler d’un thème philosophique (sans doute le plus crucial), même si son origine (la superstition) remonte à l’époque de Jésus et à la Cène. Lui et ses disciples sont treize à table, dont Judas. On connaît la suite …

Mais le sujet dépasse la simple croyance. Il nous parle de chance, de hasard, de malédiction, de destin. J’avoue n’avoir pas assez de culture philosophique pour exposer par A + B ce qu’on en dit les penseurs depuis l’Antiquité. Mais il est question je crois d’une question essentielle, celle de savoir si nos vies sont dictées par une main divine ou construites par notre seule volonté et libre arbitre. Destin tragique ou contrôle de nos existences et de fait de leur organisation sociale et politique ?

Par delà les considérations sociales justement, sommes-nous tous égaux dans le fait d’avoir ou non de la chance, d’être heureux, d’être libre ou esclave ? Pour Spinoza, ce sont les croyances et les superstitions qui nous poussent à avoir des « passions tristes » qui génèrent de la frustration, de la peur et de la colère (voire de la violence).

Dire par exemple « je n’ai pas de chance », c’est déjà rajouter à une ambiance défaitiste. Quoi faire ? Croiser les doigts, faire un nœud à son mouchoir, prier ? Ou laisser ce beau hasard nous donner à voir, à rencontrer, à aimer, à choisir ou pas. « Persévérer dans son être » selon le philosophe hollandais et admettre que nous ne devons pas séparer le spirituel du matériel et considérer que nous sommes tous créatures de « nature » et donc n’avons pas à craindre du mauvais sort.

Simplement, simplement si Dieu existe, j’aimerais qu’il fasse gagner la France lors de la finale de la Coupe du Monde dimanche. j’en profiterais aussi (pour forcer un peu plus le destin) pour ne surtout pas dire que nous sommes favoris. Pourquoi ? Par superstition.

(13/07/2018)