Heureux destin

Il n’est pas de ceux qui se laissent abattre
Dans ses cartes il a beaucoup d’atouts
Tel un funambule sur son fil il regarde devant
La tête droite, le regard fixe, les cheveux au vent

Bien sûr de ce piédestal, tout en assurance
Certains aimeraient le voir tomber, du moins se contrire
De ce destin imparable dont personne n’est coupable
La vie n’est pas un long fleuve tranquille

Que la morale guide de sa main de fer
Quelle que soit la manière
Chacun a le droit de conquérir sa Liberté
Pour le meilleur et pour le pire

(9/05/2018)

Poésie est magique !

Y a t-il un secret pour écrire une bonne poésie ? Non, pas de secret, pas de recette miracle, pas de magie… Il y a magie, oui, à l’arrivée, quand l' »œuvre » livrée résonne dans les oreilles de son auteur puis de chacun, parle à un imaginaire, un rêve dont nous tous avons fait l’expérience mais qui ne s’est pas cristallisé dans des mots et une musique particulière et sensible. Cette émotion, nous la ressentons tous, pour ceux qui en apprécient le rythme, les sonorités, le thème ou le message.

Lorsque j’ai commencé à écrire des poèmes, j’ai parlé de « fulgurance » à une amie. J’avais écrit trois poèmes de suite sans trop réfléchir à ce que j’allais y mettre. De l’improvisation totale pour satisfaire un besoin quasi vital. Ou une motivation telle de savoir que je pouvais le faire que je m’y suis mis corps et âme. Comme quelqu’un qui reprend une activité dont il a été privé longtemps et qui met tellement de cœur à l’ouvrage, de concentration, d’application, qu’il est lui-même surpris du résultat… (Je rappelle que je n’ai aucune prétention dans ce que j’écris mais que je suis satisfait de ce que je crée, c’est déjà un début !).

Ces premiers poèmes, je ne les ai pratiquement pas modifiés. Ce besoin d’écrire intervenait aussi dans un moment difficile de ma vie où tout se bousculait, autant sur le plan psychologique, sentimental que professionnel. Il fallait absolument que j’exprime mes états d’âme, mes douleurs et sentiments qui, eux aussi, s’entrechoquaient. Puis cette sorte de magie a opéré mais dans des conditions particulières : en pleine nuit, alors que le sommeil ne venait pas, les mots, les phrases, voire les rimes sont arrivés un peu d’eux-mêmes par la pointe de mon plume. Comme si ces mots et ces phrases existaient déjà en moi. J’exprimais alors tous ces sentiments heureux ou malheureux que je ressentais en y apportant une forme, un style qui n’était pas du tout recherché. Tout se construisait comme les pièces d’un puzzle qui était éparpillé. Mais je faisais bien attention à ne rien dévoilé de personnel ou intime. Ce que j’écrivais, tout le monde l’aurait aussi écrit. C’était de l’ordre de l’universel, de l’humain : où l’on retrouve toujours les mêmes thèmes : l’amour, le manque, la jalousie, la joie, la douleur, l’humour, etc…

Étant maintenant beaucoup plus stabilisé, l’inspiration poétique me vient moins naturellement. Et c’est justement par une recherche « précise » que j’envisage une nouvelle création. Je me donne d’abord un thème (avant c’était une sorte de « figure imposée ») puis je puise dans tout ce que l’esprit, la raison, l’imagination, les sentiments, la mémoire me donnent comme « matière première ». Il y a énormément de sources d’inspiration dans notre vie et nous ne le savons pas. Pour ma part, cette inspiration me vient des auteurs, des artistes en général, de la Nature et des gens que je rencontre.

(01/05/2018)

Besoin de rien

Impossible de tout voir

De tout expliquer et croire

Impossible de tout lire

De tout écrire et pouvoir

 

Pourtant je veux savoir

Tout du monde avant de déchoir

Car je ne me satisfais de rien

Toujours en quête dans ma tête

 

Notre vie a besoin de rien

Nous qui voulons tout régir

Faire silence pour mieux entendre

Ce qui nous relie au monde

 

(04/04/2018)

Poème forcément triste ?

 – 10 ° C demain et mon dernier poème « plus encore » est toujours d’actualité. J’espère seulement que tout ne va pas se figer et annoncer une nouvelle ère glaciaire ! j’aurais l’impression d’être un oiseau de mauvais augure ou un prophète des temps modernes (bien que le poète figure parmi ses synonymes)…

Les annonces sont toujours marquées par la catastrophe, le changement, une révolution quelle qu’elle soit. Souvent quelque chose de négatif, à part les révélations religieuses qui font espérer un sauveur. N’entendons pas à longueur de journées que le climat se dégrade et qu’il est temps de faire quelque chose (depuis combien de temps le dit-on ?), que ce que nous mangeons et respirons est infesté de substances néfastes ? Je me suis demandé, après une remarque sur ce dernier poème, si la poésie était toujours un peu triste ? Et si elle en  rajoutait  au pessimisme ambiant ? La vraie poésie, celle qui vient du cœur, voire des tripes, est-elle comme le déclamait Alfred de Musset dont « les plus désespérés sont les chants les plus beaux ».

Je suis tombé par hasard sur un poème de Baudelaire que je voudrais vous faire partager. Il s’intitule « Horreur sympathique » : « De ce ciel bizarre et livide, / Tourmenté comme ton destin, / Quels pensées dans ton âme vide / Descendent ? réponds, libertin. // Insatiablement avide / De l’obscur et de l’incertain, / Je ne geindrai pas comme Ovide / Chassé du paradis latin. // Cieux déchirés comme des grèves, / En vous se mire mon orgueil, / Vos vastes nuages en deuil / Sont les corbillards de mes rêves, / Et vos lueurs sont le reflet / De l’enfer où mon cœur se plaît. » (Les fleurs du mal, Spleen et idéal, n°82).

Baudelaire n’est peut-être pas le bon exemple pour dire si la poésie est triste ou gaie… Dans tous les cas la poésie, si elle est bien faite, est belle qu’elle soit triste ou joyeuse. Et c’est la beauté qui touche. La beauté et la gravité que tout homme – dont le poète – porte en lui.

(26/02/2018)

Plus encore

Le fleuve cette année là s’était figé

Des brises – glaces avaient même été dépêchés

De sa dureté le froid avait changé le décor

Et la ville révélait un autre monde et plus encore

Péniches emprisonnées, eau gelée et marronniers givrés

Neige blanche de salissure des chaussées au blanc scintillant des lueurs

Des dégradés de gris à foison des tons de brumes aux toits des monuments

Un silence assourdissant ou si soudain de brutalité

Les rayons du soleil tardaient à apparaître

Car le fog épais s’évaporait quand il voulait

Dans mes souvenirs mon esprit aussi s’était arrêté

Avant de repartir le temps de se réchauffer

(7/02/2018)

Raison et déraison

Voudras tu me les prendre tous mes regrets

que j’ai mis dans mes poches et qui

Par moments alourdissent mon allure

Et m’empêchent de regarder le futur ?

J’aimerais qu’il n’y ait plus de passé

Si dense et si lourd qu’il est dur à porter

Partout en moi je le vois si vrai et si faux à la fois

M’a t – il fait ce que je suis devenu ?

Faut-il que ce temps soit traversé d’orages

Pour qu’aujourd’hui j’en conçoive le naufrage ?

Tous nous regrettons mais tous nous oublions

Non pas qui nous sommes mais ce que nous étions

(11/12/2017)

Je m’voyais déjà…

Samedi, j’aurai l’immense honneur et plaisir de lire mes créations devant un public (près de 700 participants… intéressés sur Facebook, non ?). M’intéressant de plus en plus à la chose, j’ai découvert il y a un mois environ un article qui parlait d’un premier spectacle « nouveaux talents » façon émission télé « véritables talents » dans une commune proche de chez moi. Un spectacle intégrant des artistes amateurs (musique, danse, magie, poésie,…) lors d’une soirée où un jury et le public lui-même pourra décider du gagnant ou de la gagnante.

Tout s’est fait très vite. J’ai retrouvé cet article et appelé le centre culturel.  » – Allo, est-il possible de venir lire de la poésie de ma composition ? – Oui pas de problème me répond une jeune femme. Remplissez le dossier de candidature et envoyez-le !  » Ce que je fais dans la foulée. Quelques jours plus tard, j’appelle et j’apprends que je suis sélectionné. Le seul poète mais normal car tous les participants proposent un genre artistique différent (y en a t-il eu d’autres auteurs en lice ?).

Le fait d’avoir réalisé ce blog m’a bien servi pour montrer mon travail sans que j’enregistre quoi que ce soit en audio ou vidéo. Mais, écrire des poèmes et les mettre sur un blog est une chose, les lire devant un public en est une autre. J’avoue que j’ai déjà fait un peu de scène mais jamais lire des textes… tout seul. Je n’aurais pas à les apprendre par cœur, c’est déjà ça ! Mais je devrais mettre le ton, de l’authenticité puisque tous ces mots, ces phrases et les sentiments, émotions qu’ils suggèrent à travers l’harmonie poétique sont de moi. Il faudra sans doute de l’impudeur, une sorte de mise à nu… je ne sais pas comment je vais réagir… Le challenge est excitant et peu dangereux : chaque show ne doit pas dépasser 10 minutes et avec mes 6 ou 7 poésies, je ne pourrai de toute façon pas les dépasser. Je vais quand même programmer une bande-son pour habiller tout ça ! Les droits Sacem ont-ils été payés ??

(23/01/2018)

Oublie moi

Je connais tes désirs

Je sais tes souffrances

Veux – tu aussi ma souffrance

Pour qu’elle t’inspire d’autres haines ?

Si déjà tu ne veux pas comprendre ni même m’entendre

Tes attaques sournoises ne font qu’attiser le mal

Qui me font mal pour toi et les autres

Ça ne vaut plus la peine de se battre !

Je ne suis plus TA vie, j’en fais partie comme toi

Et le dieu que tu as adoré maintenant tu le détruis

Le temps fera le deuil  lui aussi  de ces erreurs ou malentendus

Et donnera à voir d’autres horizons qui nous feront avancer

Chacun de notre côté

(4/01/2017)